Idlib : La dernière bataille

Forte de sa supériorité militaire sur le terrain, Damas est bien décidée à reconquérir la totalité de son territoire, à commencer par la région stratégique d’Idlib, en dépit des menaces que fait planer sur elle l’Empire américano-sioniste.

Dernier bastion d’envergure occupé par les groupes terroristes, la reconquête d’Idlib signifiera pour l’armée syrienne la récupération de la quasi-totalité de son territoire, et l’ouverture d’une nouvelle ère pour le peuple syrien.

Mais cela ne sera pas chose aisée, compte tenu des multiples acteurs impliqués dans cette dernière bataille, et de la complexité des enjeux.

Ainsi, après sa victoire à Alep et dans le sud du pays, l’armée populaire syrienne souhaite, maintenant reconquérir cette province du nord-ouest syrien où se sont massés ces dernières années des dizaines de milliers de mercenaires agissant pour le compte de l’Empire américano-sioniste et évacués des autres bastions terroristes repris par Damas, qui est donc sur le point de remporter la victoire définitive dans sa guerre contre le terrorisme.

En effet, la poche d’Idlib servirait aujourd’hui de refuge à 30 000 pseudo-djihadistes armés, dont une bonne partie d’étrangers (3000 Ouïghours avec leurs familles, plusieurs milliers de mercenaires des contingents en provenance de différentes régions du Caucase, quelques centaines d’activistes maghrébins, européens et asiatiques.

Les terroristes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), anciennement connu sous le tristement célèbre nom de « Front al-Nosra », constituent la principale force armée de la province alors que Daesh and Co n’en contrôlent qu’un petit tiers. Cette organisation située à la frontière turque, constituée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda contrôle, aujourd’hui près de 60% de la province d’Idlib où elle a mis en place une administration civile qui collecte des droits de douane à la frontière avec la Turquie et récolte des impôts auprès des commerçants.

Pressions et grosses ficelles

Face à l’imminence de cette bataille, que l’armée syrienne et ses alliés devraient aisément remporter, les pressions des pays sponsorisant les groupes terroristes se font de plus en plus insistantes voire menaçantes.

En effet, à l’issue de cet affrontement décisif, de nombreux agents de l’Empire présents sur place devront soit mourir soit tomber entre les mains des forces militaires syriennes, ce qui n’arrange guère les affaires de leurs sponsors.

On ressort alors les vieilles ficelles qui fonctionnent toujours auprès d’une opinion publique occidentale totalement lobotomisée par la propagande médiatique incessante, et l’on reparle de drame humanitaire, d’attaque chimique, de massacre de masse, et bien sûr de l’horrible « régime de Bachar ».

Une opinion publique dont la schizophrénie de ces dirigeants ne semble guère perturber, et qui consiste à soutenir en Syrie des terroristes qu’ils combattent en Europe…

Selon l’ONU, une offensive contre la province d’Idlib, où vivent près de 3 millions de personnes pourrait faire jusqu’à 800.000 déplacés et provoquer «une catastrophe humanitaire».

La Turquie est, également très impliquée dans cette bataille. Elle soutient de nombreux groupes terroristes à Idlib, dont Hayat Tahrir al-Cham et craint une déstabilisation de la région qui entraînerait un nouvel afflux de réfugiés. «3,5 millions de personnes vivent là-bas et c’est vers la Turquie que ces gens fuiraient en cas de désastre», estime le président turc Erdogan, dont le pays accueille déjà plus de trois millions de réfugiés syriens et qui a alerté sur le risque d’un «massacre» si Damas et ses alliés venaient à mener une attaque d’envergure dans cette région. On devine aussi que sa principale crainte concerne le sort de ses agents terroristes qui pourraient vite se retourner contre lui

Jean-Yves Le Drian, notre ministre des Affaires étrangères a prétendu, quant à lui qu’une attaque contre Idlib menacerait la sécurité de l’Europe en raison de la fuite des terroristes vers ce continent.

Quant à l’inénarrable président Trump, il y est aussi allé de son avertissement :

«Le président Bachar al-Assad ne doit pas attaquer, imprudemment la province d’Idlib. Les Russes et les Iraniens commettraient une grave erreur humanitaire en prenant part à cette potentielle tragédie humaine», a-t-il publié sur Twitter.

Par ailleurs, les USA continuent d’utiliser la même tactique, en brandissant l’imminence d’une attaque chimique de Damas pour empêcher les troupes syriennes de déclencher la bataille d’Idlib.  «Soyons clairs, notre position, ferme reste inchangée: si le président Bachar al-Assad décide d’utiliser, une nouvelle fois des armes chimiques, les États-Unis et leurs alliés répondront, rapidement et de façon appropriée», avait indiqué plus tôt la Maison-Blanche dans un communiqué, alors que le conseiller américain à la sécurité nationale – John Bolton –affirmait que des attaques chimiques se préparaient à Idlib et qu’il fallait ainsi s’attendre à de nouvelles « frappes occidentales » sur la Syrie.

Moscou montre les muscles

Mais la ficelle est, désormais trop grosse et plus personne n’est dupe, particulièrement la Russie, fidèle allié de Damas qui affirme « détenir des preuves irréfutables que des provocations sont préparées, en Syrie alors que Damas ne détient pas d’armes chimiques », comme l’a affirmé Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l’Onu.

Une Russie qui ne s’en laisse pas conter et, qui elle aussi montre les muscles, comme le prouvent un renforcement de sa présence militaire au large de la Syrie ainsi que les gigantesques manœuvres navales en Méditerranée effectuées du 1er au 11 septembre, et dont le message était sans équivoque.

Un message que Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères a rappelé, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue le 30 août dernier, exprimant la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire.

«Nous avons des faits sous les yeux, et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il ainsi annoncé.

La Russie cherche à assurer la sécurité de sa base aérienne de Hmeimim qui se trouve non loin d’Idlib, à Lattaquié et dont on rappelle qu’elle a été attaquée, ces dernières semaines à plusieurs reprises par des drones kamikazes.

La Turquie incontournable

Idlib et certaines zones des provinces voisines constituent les dernières zones de désescalade, gérées par la Russie, l’Iran et la Turquie, conformément à l’accord d’Astana et l’on se doute bien que compte tenu des nombreux acteurs impliqués, le sort de la province ne pourra pas être déterminé uniquement par des opérations militaires. Il faudrait des accords internationaux, entre la Russie, partenaire de Damas, et la Turquie, alliée des américano-sionistes, membre de l’OTAN et soutien principal des terroristes de cette zone, pour que la province soit pacifiée.

C’est pour cette raison que s’est tenu le sommet tripartite irano-russo-turc à Téhéran, le 7 septembre dernier dont le principal sujet était la situation d’Idlib avec comme point essentiel le devenir des agents terroristes à la solde de la Turquie et de l’Empire pendant et après l’offensive syrienne.

L’enjeu est de taille pour Ankara qui devra faire face, à ce moment-là, à un vaste déplacement de terroristes depuis le territoire syrien vers le territoire turc.

Comment se débarrasser de ces milliers d' »agents » qui présentent désormais une menace pour la sécurité turque? Voilà la question que se pose, désormais la Turquie à Idlib.

Il n’est pas impossible que la Turquie puisse lâcher les terroristes, surtout dans une période où elle est confrontée à une crise économique découlant des sanctions imposées par les USA à son encontre.

Des sanctions qui semblent être en réalité un outil de pression afin qu’Ankara n’oublie pas que ses intérêts ne doivent pas être sauvegardés au détriment de ceux de l’Empire, qui voit d’un très mauvais œil le rapprochement turco-russe.

Il faut comprendre que les terroristes à la solde de la Turquie servent à exercer une pression sur Damas pour l’empêcher de concéder aux Kurdes une entité autonome à ses frontières. Ankara craint que le nord de la Syrie ne serve de base de repli aux activités du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré en Turquie comme une organisation terroriste).

Selon des sources proches du sommet, Erdogan aurait présenté à Téhéran un plan qui prévoit le désarmement de 12 groupes armés dont Tahrir al-Cham, ainsi que leur transfert dans une zone de déconfliction. Selon ce plan, les groupes refusant de rendre les armes seraient pris pour cible de l’offensive de l’armée syrienne alors que les terroristes « Non-syriens », auraient l’autorisation de rentrer chez eux.

La Russie et l’Iran se sont prononcés clairement pour une opération militaire visant à neutraliser les derniers groupes terroristes pour « libérer la dernière portion du territoire national syrien d’une occupation terroriste soutenue par des puissances étrangères ».

Les occidentalo-sionistes semblent, quant à eux s’être résolus à voir cette région échapper au contrôle de leurs sbires et ont bien compris la détermination de Damas et celle de ses alliés à reconquérir l’ensemble du territoire syrien, condition sine qua non du retour à la paix, quoique cela puisse coûter.

La libération d’Idlib, dernière province syrienne tenue par les terroristes constitue une étape cruciale pour le gouvernement syrien. Elle signifiera la victoire définitive dans la guerre par proxy que lui a livrée l’Empire américano-sioniste.

La reprise d’Idlib revêt également un caractère économique important.

En effet, il est question de sécuriser, définitivement l’autoroute internationale Damas/Alep et tous les passages qui relient le Nord au Sud du pays, entre ces deux villes, pour mettre définitivement à l’abri la capitale et permettre à l’armée syrienne de restituer le contrôle des villages du sud-ouest d’Alep jusqu’au sud d’Idlib. Par ailleurs, l’enjeu commercial est, également important car la reprise du transit des marchandises ne peut se faire sans que cette grande autoroute ne soit sécurisée.

La libération de cette région assurera, également la connexion ferroviaire des ports iraniens du golfe Persique à la côte syrienne de la Méditerranée orientale, via Bassora (Irak) et Abou Kamal (Syrie) et  sécurisera l’accès à la Méditerranée.

 

Le Parti Anti Sioniste soutient le peuple syrien dans sa lutte contre les forces de l’obscurantisme soutenues par Washington, Ryad, Tel-Aviv et Ankara, particulièrement dans la bataille d’Idlib qui sera décisive, et dont l’issue changera totalement la donne dans la région.

Elle marquera la grandiose victoire de l’Axe de la Résistance face au complot sioniste en Syrie, même si c’est au prix de nombreux sacrifices et d’une guerre meurtrière qui dure depuis 7 ans déjà.

C’est le prix de la liberté, de la souveraineté et de la dignité. Les Martyrs ne seront pas tombés en vain.

C’est aussi le prélude à d’autres victoires et à d’autres reconquêtes pour les peuples opprimés de la région, notamment celles de la Mecque et de Jérusalem, toutes deux occupées, qui ne sauraient tarder.