Sanctions contre l’Iran: TOTAL soumis au chantage américain

Le contrat d’exploitation de gaz offshore signé par l’entreprise française « Total » en Iran, et dont la première phase représente un investissement de 2 milliards de dollars, pourrait être anéanti par de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran.

C’est une appréhension dont a fait état le PDG de la « super major » française, Patrick Pouyanné, dans une interview accordée au quotidien « Les Echos » publiée le 2 avril dernier, et dans laquelle il reconnaît que Total dépend de la décision des autorités américaines pour le maintien de ses activités en Iran.

Rappelons que l’entreprise a signé en juillet dernier un accord en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Il s’agissait alors du premier grand contrat énergétique passé par une entreprise occidentale en Iran depuis la levée en 2015 des sanctions internationales contre ce pays dans le cadre d’un accord sur son programme nucléaire.

Aux termes de l’accord, qui porte sur une capacité de production de quelque 57 millions de mètres cube de gaz par jour, soit 400 000 barils équivalents de pétrole, le groupe pétrolier français est l’opérateur du projet et son actionnaire à 50,1%, aux côtés de Petropars, filiale de la compagnie nationale iranienne NIOC (19,9%) et de la compagnie nationale chinoise CNPC (30%).

Les propos de Patrick Pouyanné interviennent à un moment où de nouvelles rumeurs évoquent un durcissement de Washington vis-à-vis de Téhéran, en lien avec son programme balistique et son rôle en Syrie.

Des bruits persistant affirment ainsi que le président Trump pourrait annoncer, au mois de mai prochain, la sortie des États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien.

En effet, selon toute vraisemblance, le 12 mai prochain, le président appliquera à nouveau les sanctions américaines contre Téhéran, qui avaient été levées dans le cadre de l’accord.

A moins que l’Europe n’arrive à obtenir d’ici là plus de concessions de la part de Téhéran concernant ses activités balistiques et son rôle régional, ce qui semble fort improbable.

Dans le cadre de ces sanctions, il se pourrait que les entreprises travaillant en République islamique soient interdites de séjour aux USA, ce qui serait extrêmement préjudiciable à Total, ayant aux États-Unis des opérations d’une envergure toute autre qu’en Iran. Cela obligerait alors le pétrolier à se retirer de l’accord conclu avec l’Iran, entraînant la perte de l’intégralité de son investissement.

En décembre dernier, le PDG de Total avait déjà évoqué cette éventualité en expliquant que « Si les règles du jeu venaient à changer, Total devrait réévaluer ». Et d’ajouter qu’il y aurait pour le géant français « plusieurs façons de se désengager » si des sanctions étaient de nouveau imposées.

L’une de ces options consisterait pour Total à revendre ses parts au pétrolier et gazier chinois CNPC, très intéressé, alors qu’une autre éventualité serait l’obtention d’une exemption spécifique obtenue auprès des autorités américaines.

« Nous demanderons une dérogation aux autorités américaines », fait valoir Patrick Pouyanné, en mettant en avant le fait que cet accord sur « South Pars 11 » a été signé avant la décision éventuelle des États-Unis de durcir leur position.

Total fait valoir que ce système de dérogations avait déjà été accepté par les autorités américaines à la fin des années 1990 pour les projets « South Pars 2-3 » développés par le groupe en Iran.

Le responsable a également évoqué le scénario possible d’un arrêt du projet, conscient que les États-Unis n’étaient pas du genre à faire des cadeaux quand il s’agissait de business.

« Si nous n’obtenions pas cette exemption, nous devrions nous retirer » a ainsi affirmé le PDG du géant gazier, qui comprend bien qu’il s’agirait d’un sacré coup dur pour le groupe qui verrait ainsi s’évaporer son milliard de dollars d’investissements.

 

Le Parti Anti Sioniste réitère sa condamnation de l’alignement de notre politique sur les intérêts américains au détriment des nôtres.

Cet alignement engendrera un lourd préjudice pour Total, fleuron de notre industrie pétrolière, en cas de décision US de sortir de l’accord avec l’Iran.

Notre soumission à Washington doit cesser et notre pays doit mener sa politique étrangère à l’aune de ses intérêts propres et non pas en fonction des objectifs américains et israéliens.

Rappelons que l’entité sioniste « milite » de façon agressive et régulière auprès des autorités américaines et françaises afin qu’elles dénoncent l’accord historique signé avec la République islamique, dans le but d’empêcher l’Iran de développer son programme balistique qui ne menace en rien notre pays et auquel elle a droit, comme d’autres pays le font aussi.

Au nom des intérêts régionaux américano-israéliens, nous devrions donc nous résoudre à perdre des sommes colossales, à l’heure où l’on demande déjà au peuple français de se serrer la ceinture.

Il est important pour nos concitoyens de bien comprendre que quand nos décideurs s’alignent sur l’agenda de l’Empire lorsque celui-ci  décide de sanctionner économiquement l’Iran ou la Russie au nom de ses intérêts propres, il y a des conséquences directes pour notre économie nationale.

Pendant ce temps-là, les sionistes continuent d’instiller la fausse idée que les musulmans français importeraient les conflits du Moyen-Orient en France. Encore un bel exemple d’inversion accusatoire, qui ne trompe plus grand monde.

 

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