Fin de l’état de grâce pour les géants du Net : les masques tombent

Les géants du net n’en finissent pas de défrayer la chronique, avec des révélations sur l’illégalité de leurs méthodes, qui s’enchainent à rythme régulier.

En effet, il ne se passe pas une semaine sans qu’on ait droit à un nouveau scandale touchant ceux que l’on désigne comme les GAFA, acronyme constitué des géants les plus connus (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Ainsi, de nombreux scandales touchant ces sociétés ont émaillé les dernières semaines, faisant tomber ces géants du numérique de leur piédestal et démontrant à la face du monde leur dangerosité ainsi que leur absence de scrupules.

En effet, la mise en cause de l’excès de puissance et des dérives des GAFA s’accélère avec pour principaux enjeux les questions de souveraineté numérique et de sécurisation des données des utilisateurs.

Mais il n’est pas aisé de mettre au pas ces géants du numérique qui sont des superpuissances impressionnantes : à elles seules, Google, Apple, Facebook et Amazon ont une valorisation boursière qui équivaut au PIB de la France !

Pour vous donner une idée concernant Google par exemple, il faut savoir que son moteur de recherche représente plus de 90% du marché mondial, son système d’exploitation Android équipe plus de 80% des smartphones dans le monde et YouTube, sa plateforme vidéo, revendique plus de 1,5 milliard d’utilisateurs connectés par mois.

Une notoriété qui se traduit par un chiffre d’affaires de 100,9 milliards de dollars en 2017 et une capitalisation boursière dépassant les 700 milliards de dollars…

Évidemment, de cette puissance économique découle une puissance politique qui leur permet d’imposer leurs décisions à l’ensemble de la planète.

Ces firmes mondiales au poids immense ne sont pas soumises à un territoire en particulier, ce qui leur permet d’échapper à bien des législations nationales.

Si elles bénéficient pour le moment d’une certaine impunité, du fait de cette toute-puissance, il semblerait que le vent commence à tourner.

Facebook est par exemple en pleine tourmente depuis le scandale de l’emploi indu de données personnelles de ses utilisateurs par la firme britannique « Cambridge Analytica ».

Cette dernière est accusée d’avoir collecté et exploité sans leur consentement les données personnelles de 90 millions d’utilisateurs qu’elle a utilisées pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

En effet, ces données ont  été utilisées pour envoyer des messages politiques personnalisés aux utilisateurs, visant à bouleverser leurs opinions politiques et à les convaincre de voter pour Donald Trump. Une démarche visiblement fructueuse.

Facebook s’est défendu en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une fuite de données à proprement parler et que les utilisateurs concernés avaient choisi de partager leurs données Facebook avec l’application créée par Cambridge Analytica, ce qui n’est pas faux, mais qui révèle en réalité une absence totale d’éthique de la part du réseau social.

Cette façon de penser totalement immorale a été mise en évidence le 30 mars dernier par le site Buzzfeed qui a dévoilé un mémo interne rédigé en 2016 par Andrew Bosworth, un des vice-présidents de l’entreprise, et intitulé «Le sale boulot».

Dans cette note, le dirigeant rappelle la raison d’être du réseau social, à savoir que tout ce qui permet de connecter les gens entre eux doit être fait, quelles qu’en soient les conséquences.

«La triste réalité est que nous croyons tellement au rapprochement des individus que tout ce qui peut nous permettre de connecter plus de gens entre eux et le plus souvent possible nous semble de facto bon», écrit ainsi Andrew Bosworth qui ajoute : «Il est possible que cela coûte des vies en exposant les personnes au harcèlement. Il est possible aussi que quelqu’un meure dans une attaque terroriste coordonnée à travers nos outils ».

Une façon de penser qui fait froid dans le dos et qui montre là un autre visage de Facebook, loin de la « succes story » hollywoodienne qu’on aime nous vendre.

Autre scandale qui a touché récemment la société de Marck Zuckerberg : Une enquête de la BBC a mis à l’épreuve le système de modération de Facebook, démontrant son inefficacité pour retirer des contenus à tendance pédophile présents sur sa plateforme.

Les journalistes britanniques ont signalé une centaine de publications comprenant des pages pour les hommes attirés sexuellement par les enfants, des images d’enfants dans des poses très suggestives, ainsi qu’une image apparemment tirée d’une vidéo dans laquelle un enfant est abusé.

Résultat de cette opération : l’entreprise n’a retiré que 20%  des images en question et a même dénoncé à la police les journalistes qui lui avaient directement fait part de ce problème.

Une attitude qui a une nouvelle fois scandalisé l’opinion et la classe politique qui se demandent quels sont finalement les contenus que Facebook juge inappropriés.

Dans un mea culpa tardif, Facebook a affirmé le 16 avril dernier collecter des données personnelles sur ses utilisateurs – y compris lorsqu’ils ne sont pas connectés. Le réseau social va plus loin : il amasse également des informations sur les internautes n’ayant pas de profil Facebook.

Dans sa note de blog explicative, Facebook a pris soin de pointer du doigt les entreprises ayant des pratiques et des services similaires aux siens, balançant au passage d’autres membres du GAFA ;

“Google dispose d’un service d’analyse populaire (Google Analytics). Et Amazon, Google et Twitter offrent toutes de s’identifier à d’autres services grâce à leurs identifiants. Ces entreprises – et bien d’autres – offrent également des services de publicité. En fait, la plupart des sites Web et des applications envoient les mêmes informations à plusieurs entreprises chaque fois que vous les visitez”, explique David Baser, responsable produit chez Facebook.

En effet,  l’autre géant du net, Google, n’est pas en reste et fait également face à la tempête. Aux États-Unis, 23 organisations de défense des droits numériques portent plainte contre YouTube, la plateforme vidéo de Google, visée par une plainte collective pour collecte illégale de données sur des enfants de moins de 13 ans.

YouTube est ainsi accusé d’utiliser le ciblage publicitaire des enfants dans une pratique dénoncée comme prohibée.

Selon un communiqué publié par ces associations, Google collecte les informations personnelles de mineurs sur YouTube, notamment leur localisation, l’appareil utilisé pour se connecter, ou des numéros de téléphone portable, et les utilise pour cibler des publicités vers les enfants sur internet .

Des pratiques qui contreviendraient selon les associations à une loi de 1998, la Children’s Online Privacy Protection Act (Coppa), qui « interdit à un site internet destiné aux enfants, ou qui sait que des enfants l’utilisent, de collecter et d’utiliser de telles informations sans avoir l’accord des parents ».

Dans la foulée de cette plainte, deuxième coup de massue porté à Google : une étude, publiée le 12 avril dernier, passe au crible 5.855 applications pour les enfants les plus populaires sur la version américaine de Google Play Store, le magasin d’applications du géant américain. Selon l’étude, chaque application a été téléchargée en moyenne 750.000 fois. Conclusion : “environ 57% des applications étudiées sont susceptibles de violer la Children’s Online Privacy Protection Act”.

Ces crises sont ainsi révélatrices d’un mal plus profond, d’une véritable évolution du rapport à la technologie et de la perception dans nos sociétés des GAFA.

Ces dernières sont ainsi passées de formidables outils d’émancipation admirés de tous, à instruments dangereux qu’il faut contrôler.

Aujourd’hui, conscients de leur absence de scrupules et de la menace qu’elles représentent, de plus en plus de voix appellent à limiter le pouvoir de ces entreprises.

Mais compte tenu du poids économique extraordinaire dont elles disposent, la tâche s’annonce rude. Voire impossible ?

 Le Parti Anti Sioniste s’inquiète de la surpuissance des GAFA et des menaces que cela fait peser aujourd’hui sur nos libertés politiques et individuelles.

Il est important de réfléchir ensemble aux modalités adéquates de leur régulation, voire même de leur démantèlement, comme certains le demandent.

Malheureusement ce n’est pas si simple du fait de leur poids économique et de l’influence qu’elles exercent sur nos décideurs politiques, auprès desquels elles exercent un lobbying féroce.

Chaque jour nous communiquons des données sur nos fréquentations, nos opinions, nos habitudes, nos peurs, nos désirs ou nos pensées intimes.

Or ces informations privées sont enregistrées, stockées et peuvent facilement être analysées et exploitées.

L’enjeu est primordial et il en va de notre liberté et de notre intimité qui est susceptible d’être violée à tout moment par ces entreprises sans morale, motivées par le seul profit économique.

Nos données personnelles nous appartiennent et tous ceux qui les utilisent à notre insu doivent rendre des comptes devant la loi. Il est de la responsabilité de nos représentants politiques de garantir nos droits et de se souvenir qu’ils sont à notre service et non pas au servir des intérêts de ces mastodontes de la finance.

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