Un État kurde, prélude à la dislocation du Moyen-Orient

image002Les nombreuses manœuvres entourant les revendications kurdes d’autonomie voire d’indépendance servent un projet plus global de déstabilisation du Moyen-Orient.

Le jeu de dupe américano-occidental brouille les pistes et masque le dessein véritable d’un véritable éparpillement du Moyen-Orient.

 

On dit que l’histoire est un éternel recommencement, et, s’il fallait retrouver le péché originel des occidentaux au Moyen-Orient, c’est bien dans les accords de Sykes-Picot que la pomme serait cachée…

En effet, dans la volonté cupide de se partager les restes de l’empire Ottoman, germe la majeure partie des difficultés du Moyen-Orient moderne, promettant à chaque partie et/ou minorité tour à tour le même cadeau.

Les Kurdes ne furent pas en reste…on leur promit dans le traité de Sèvres de 1920 (qui reprenaient les accords de Sykes-Picot) la création d’un territoire autonome au sud-est de l’Anatolie (Turquie actuelle)…accords aussitôt défaits par le traité de Lausanne(1923) au profit des turcs, avec la création de la Turquie moderne.

De cette pomme de discorde naquirent les réels premiers mouvements nationalistes kurdes et les conflits adjacents pour la reconnaissance de la culture kurde et les revendications d’un territoire.

Pour rappel, les Kurdes représentent entre 24 et 31 millions de personnes réparties entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, dont pléthore de mouvements militent politiquement ou militairement pour la reconnaissance d’un territoire. On citera pêle-mêle PKK pour la Turquie, PYD, YPG pour la Syrie, PJAK en Iran et PDK en Irak.

Si le droit international reconnaît le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, force est de constater que l’intégrité territoriale des pays où se trouvent les kurdes, est mise à mal.

Cette légitimité est même sournoisement utilisée par des tierces parties à dessein d’instrumentalisation.

Si les premières manipulations furent franco-britannique (Sykes-Picot), leurs cousins américains reprirent le flambeau et allumèrent le brasier du Moyen-Orient (guerre du Golfe, invasion de l’Irak…) en soufflant sur les braises des antagonismes régionaux à des fins de division de la région…Ils utilisent parfaitement la peur viscéral des turcs d’un état kurde à leur porte, qui dans une fuite en avant concourent au déséquilibre de la région…

Les américains dénoncent devant Erdogan le PKK comme terroristes et dans le même temps accueillent favorablement les demandes d’autonomie des combattants des YPG, la milice du parti politique kurde syrien (PYD)…ce qui signifie de facto le morcellement de la Syrie actuelle, la création d’un état kurde au sud de la Turquie et la crainte qu’il ne devienne une base arrière du PKK…ou comment alimenter le feu de la discorde éternellement.

On apprend récemment que les Etats-Unis sont en train d’aménager un aéroport au nord-est de la Syrie, zone sous contrôle kurde. Cet aéroport sera capable de recevoir des appareils militaires, des équipements, de l’approvisionnement et autres matériels constituerait un véritable pont vers cette région, embryon d’un futur état kurde indépendant, capable d’aimanter les régions voisines de peuplement kurdes en Irak, Turquie, voire l’Iran. On n’ose imaginer ces états souverains ne pas réagir. Ces réactions ne pouvant évidemment aller que dans le sens d’une escalade.

Ainsi, le Président turc Recep Tayyip Erdogan déclarait récemment :

« Nous ne permettrons jamais l’établissement d’un État dans le nord de la Syrie et dans le sud de notre pays. Nous continuerons à nous battre contre cela, quel qu’en soit le prix ».

Déclarations qui augurent un avenir encore plus sombre pour la région.

Cette zizanie permanente fait le nid d’une puissance locale, l’entité sioniste, qui tire avantage direct d’un éclatement du Moyen-Orient.

Sa duplicité est telle qu’elle se permet d’être l’allié des (aveugles) turcs et dans le même temps d’encourager la création d’un état kurde pro-sioniste en plein arc de la Résistance.

 

L’entité sioniste ne s’en cache d’ailleurs pas comme le démontrent les propos de la ministre de la justice, Ayelet Shaked, qui a déclaré en janvier 2016 pendant la conférence sur la sécurité de l’État d’Israël de Tel Aviv: «  Nous devons parler ouvertement de l’établissement d’un état kurde qui se sépare de l’Iran et de la Turquie, un état qui sera amical à l’égard d’Israël »

Elle a appelé au renforcement d’une politique de coopération entre Israël et les Kurdes, ajoutant : « Le peuple kurde est un partenaire du peuple israélien » et «  Il est temps de les aider »

D’ailleurs, un signe qui ne trompe pas en Europe, l’envoi par l’entité sioniste de son camelot va-t-en-guerre, le philosophe des ténèbres, Bernard-Henri Lévy, qui, au milieu des troupes peshmergas au Kurdistan irakien (un peu plus sécurisé que la Syrie…téméraire mais pas inconscient notre philosophe en goguette…), déclarait : «  ce sont des gens qui ont les mêmes valeurs que nous (NDLR : ??) […] la haine absolue de l’islam fondamentaliste, radical et fasciste. », et de rajouter « La France doit aider militairement les Kurdes » avant de distiller récemment encore : «  un peuple sans état… », on connaît la chanson…

Si la lutte du peuple kurde en Syrie et en Irak contre DAECH, ses revendications pour une reconnaissance de sa spécificité et de sa culture sont légitimes, l’histoire jugera que les gains d’un peuple kurde se feront au détriment d’un autre peuple : le peuple palestinien.

 

Les manœuvres de l’entité sioniste et de ses alliés sont très claires : diviser, morceler et maintenir dans le chaos permanent le Moyen-Orient par la création d’un état kurde allié de la cause sioniste et par corollaire ennemi de la cause palestinienne.
Le Parti Anti Sioniste est naturellement opposé à cette diplomatie du pire et dénoncera encore et toujours cette politique sioniste et celle de ses alliés, visant à diviser et détruire, pour mieux régner.