Entretien de Seyyed Ali Khamenei avec Vladimir Poutine

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Au cours de son entretien avec le président russe Vladimir Poutine, le Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei a  souligné que « le plan américain dans  la région ne pourra être déjoué qu’à travers la coopération et avec intelligence ».

L’ayatollah Ali Khamenei a loué le président Poutine pour le rôle majeur joué par Moscou dans les questions régionales, en particulier la Syrie, soulignant que

« le plan américain est nuisible à long terme pour les peuples et les États de la région ».

Lors de cette rencontre, qui a duré presque deux heures, le Guide suprême de la Révolution islamique a affirmé que Vladimir Poutine était « une figure de premier plan à l’échelle mondiale ».

Il a exprimé toute sa gratitude à Poutine, pour avoir soutenu l’Iran, dans l’affaire nucléaire et a déclaré que

« l’affaire nucléaire a finalement abouti, mais nous ne faisons aucunement confiance aux Américains. Nous  surveillons les yeux grand ouverts le comportement et la performance de l’administration américaine à ce propos. »

L’ayatollah Khamenei  qualifie les positions de Poutine d’excellentes et d’innovatrices.

L’ayatollah Khamenei  a ajouté : «  l’Amérique s’efforce toujours à entrainer ses concurrents dans une situation émotive, sauf que vous avez réussi à saboter cette politique ».

Khamenei a estimé que :

« les décisions et les positions de Moscou à l’égard de la crise syrienne ont  renforcé la crédibilité de la Russie, en particulier celle du président Poutine tant au niveau régional qu’international » ajoutant que « l’administration américaine tente – sur la base d’un plan  élaboré à long terme- et à travers le contrôle de la Syrie d’étendre son hégémonie sur la région afin de pallier le vide historique dont elle souffre à savoir son absence en Asie de l’Ouest, et ce plan est une menace pour tous les peuples et pays de la région, en particulier pour la Russie et l’Iran. »

« Les Américains et leurs sujets tentent de réaliser leurs objectifs qu’ils n’ont pas réussi à réaliser à travers des options militaires, recourant à certains mécanismes politiques, ce qui doit être affronté de manière efficace et consciente. »

L’insistance de Washington sur le départ de Bachar al-Assad et sa persistance à soutenir Daech est signe de faiblesse.

L’ayatollah Khamenei a estimé que « l’une des faiblesses dans la politique des Etats-Unis  est son insistance sur le départ de Bachar al-Assad, sachant qu’il est un président légitime, car  élu par le peuple syrien; le président syrien a remporté la majorité des voix des gens appartenant à différentes affiliations politiques, religieuses et nationales au cours d’un scrutin populaire, et donc les États-Unis n’ont pas le droit d’ignorer la volonté du peuple syrien. »

Le guide suprême de la Révolution islamique a également souligné que « toute solution à la crise syrienne ne peut aboutir en l’absence de la connaissance du peuple syrien et des responsables de ce pays. »

Il a estimé que :

« les aides directes et indirectes fournies par les Etats-Unis aux groupes terroristes, y compris Daech, font partie des points faibles dont souffre la  politique américaine, car elle inspire à tous les pays de la région, doute et méfiance, voire elles font perdre aux Etats-Unis sa crédibilité et révèlent une diplomatie hypocrite. »

Point de pourparlers bilatéraux avec les États-Unis :
Le Guide suprême de la Révolution islamique a souligné que « point de pourparlers entre nous et les Etats-Unis, hormis la question nucléaire (et pour des considérations spéciales), et donc point de négociations bilatérales avec les États-Unis, ni sur le dossier syrien, ni sur n’importe quel autre dossier. »

Le terrorisme risque de s’étendre à l’Asie centrale :
L’ayatollah Khamenei a souligné l’importance cruciale de la résolution de la crise syrienne de manière juste et ce dans l’intérêt de l’avenir de la région : « si les  terroristes qui ont commis ces crimes et ces atrocités en Syrie ne sont pas éradiqués, alors leurs  activités subversives risque de se répandre jusqu’en Asie centrale et à d’autres régions ».

Pour sa part, le président russe a loué « les précieuses expériences  du Guide suprême de la Révolution islamique », exprimant sa satisfaction au sujet de la réunion ajoutant que le développement de la coopération entre les deux pays, en particulier dans les domaines techniques, technologiques et géospatiaux, suivent un rythme accéléré :

« Nous sommes satisfaits de la coopération efficace avec la République islamique d’Iran en ce qui concerne les questions de sécurité et le règlement des crises régionales et internationales. »

Vladimir Poutine confirme la convergence des positions de l’Iran avec celles de la Russie concernant la Syrie. Il a décrit l’Iran comme un pays indépendant et solide promettant un avenir glorieux :

« Nous considérons l’Iran comme un allié fiable au niveaux régional et international. […] Nous avons juré de ne point trahir nos alliés et de ne point commettre d’actes qui puissent leur nuire dans les coulisses, et si jamais nous rencontrons des problèmes, nous les réglerons à travers le dialogue. »

Il a décrit les positions des deux pays à l’égard de la question syrienne de « convergentes », soulignant « l’importance de la coopération dans ce domaine. Nous aussi, nous  pensons que la solution à la crise syrienne doit être politique, nous respectons le choix  du peuple et nous répondons aux exigences de toutes les communautés et entités politiques de ce pays, nul n’a le droit d’imposer son opinion sur le peuple de ce pays, de décider du sort du gouvernement ou de celui du président de la République à sa place. »

« Comme vous l’avez souligné, Eminence, les Américains veulent réaliser lors des négociations, ce qu’ils n’ont pas réussi à réaliser pendant la guerre ; nous en sommes tout à fait conscients, c’est pourquoi nous les surveillons attentivement », a indiqué Vladimir Poutine.

La Russie continuera ses frappes contre les terroristes en Syrie

Poutine a confirmé « la poursuite des frappes de la Russie contre les groupes terroristes en Syrie », soulignant « la nécessité de la coopération et de la coordination intellectuelle entre Téhéran et Moscou pour régler la crise syrienne politiquement; ceux qui se vantent de la démocratie au niveau international  ne peuvent pas s’opposer aux élections en Syrie ! »

source: Al Manar

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