Démolition de la dernière mosquée sunnite à Téhéran : une information fausse et grotesque…

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Mosquée sunnite Bandar Abbas en Iran.

Démolition de la dernière mosquée sunnite à Téhéran : une information fausse et grotesque véhiculée par l’Arabie sioniste !

Par Marwa Abou Mohammed

J’ai trouvé le titre de cet article, par piratage, sur un site saoudien et un autre wahhabite, disant que l’Iran construit des lieux de cultes juifs et chrétiens, et qu’il cible les mosquées sunnites.

En effet,  pour celui qui l’ignore, il existe à Téhéran des lieux de cultes juifs, chrétiens et zoroastriens hormis des milliers de mosquées dirigées par des personnes appartenant à des  écoles autres que celle des Ahl-el-beyt (p). Ces mosquées disposent de dizaines d’écoles religieuses pour les Hanafites et les Chafiites à travers tout le pays. Pluralité, diversité, respect des spécificités est l’image globale de la situation religieuse pour celui qui l’ignore,  chose qui est profondément ancrée dans la structure sociétale iranienne.

Laissez-moi vous raconter une anecdote qui m’est arrivée dernièrement. Nous nous étions rendus dans la région de Kilane au bord de la mer Caspienne, dans une ville nommée « Assalam ».  Le moment de la prière arriva, nous nous étions arrêtés près d’une mosquée dont le minaret doré était visible. Des dizaines de personnes, apparemment chiites,  cherchaient des « torbas »  (pierres)   pour effectuer leur prière dans la mosquée dont le nom était «  Mosquée de son éminence Abou Bakr Seddiq », que Dieu l’agrée.

Je fais remarquer que je n’ai jamais entendu parler d’une quelconque présence, même réduite, de frères sunnites dans la région. Comme je n’ai jamais entendu parler d’une quelconque protestation contre le nom que porte cette mosquée, sachant qu’à quelques kilomètres de là, se trouvent deux mosquées portant respectivement les noms de « l’Imam Ali (p) » et de « Seyyda Fatima Zahra (p) ».

« La mosquée Bounk », située au nord-ouest de Téhéran a provoqué un tapage médiatique wahhabite tel qu’il est parvenu jusqu’à Maryam Radjavi, la reine des hypocrites, dont les mains sont souillées par le sang des deux peuples irakien et iranien. Elle a décrit la situation comme étant contraire à toutes les valeurs islamiques ! Personne n’a interrogé Maryam Radjavi pour lui demander si elle pouvait nous parler de son mariage avec Radjavi après que son premier mari, Ibrichamji, l’ait offerte au chef de son gang… A-t-elle patienté la durée de viduité ou cette dernière est-elle contraire aux valeurs islamiques, elle aussi ?

Bien que le sujet soit empreint de suspicions du point de vue légal, le Comité du rapprochement entre les doctrines l’a condamné. Il est à noter que ce comité est l’institution la plus proche du Bureau du Guide de la Révolution iranienne. Il a demandé, dans un communiqué qu’il a publié, de la pondération dans ce genre de sujet et de prendre en considération, avant tout, les intérêts généraux.

Les services de la commune de Téhéran ne font pas attention à ce genre de communiqué, avançant que s’ils observaient la loi, Téhéran, avec plus de 10 millions d’habitants, n’aurait plus la beauté qu’elle a et aurait un tout autre aspect.

Le différend entre la commune de Téhéran et les responsables du lieu de prière (qui n’est pas une mosquée mais bien un lieu de prière) de « Bounk » existe depuis 5 ans. Des précisions sont à apporter sur l’endroit que la commune de Téhéran a détruit, c’est bien un lieu de prière et non une mosquée. Cela signifie que c’est un lieu dont les conditions légales n’ont été modifiées que par une seule partie, dans le but de le transformer en un lieu de culte. Il existe dans la région de Téhéran, entre 25 et 30 lieux de cultes sunnites. « Bounk » n’est ni le premier, ni le dernier, comme le prétendent les mercenaires des médias wahhabites. Comme il ne répondait pas aux normes de l’urbanisme exigées, la commune s’est vue contrainte de le détruire.

 Dans le même sillage, je vous rapporte un fait qui a eu lieu, il y a quelques années. Une mosquée, bien connue dans la sainte ville de Qom, en l’occurrence la mosquée de « Abou al-Fadhl Abbas (p) », dans la région de « Khak Faraj », a été détruite parce qu’elle a été construite sans l’accord préalable de la commune, sachant qu’elle existait depuis 20 ans !

De plus, depuis quelques années, le ministère des Affaires religieuses a détruit au moins 18 lieux de visite dans la région de Kilane parce qu’ils n’étaient pas inscrits auprès du ministère. Si nous voulions recenser d’autres cas, il en existe encore plusieurs…

Donc, l’affaire n’est pas confessionnelle ou communautaire, et les personnes qui ont traité ce sujet l’ont fait soit par ignorance ou bien par préméditation.

Je demande combien de mosquées ont été détruites au Yémen vos attaques ? Même les tombes des pieux, des martyrs et les vestiges historiques n’ont pas été épargnés ! Combien de femmes, d’enfants et de vieillards ont été tués dans ce pays par vos bombes ? Combien de mosquées et de lieux de visites ont été détruits en Syrie et en Irak par les mercenaires de votre Bandar [Bandar ben Sultan est le responsable des services de renseignement saoudien, ndlr] et ses  cousins, touchant jusqu’aux tombes des Prophètes (p) ? Combien de voitures piégées ont été explosées par les partisans de la corne de Satan de Nejd [fait référence à l’Est de l’Arabie saoudite, ndlr], entre l’Indonésie et New York ?

Il vous suffit que les plus proches de vos « frères » vous trouvent répugnants et nauséabonds… Voici le Koweït qui exige des conditions draconiennes quant à l’entrée des ressortissants saoudiens sur son territoire, après qu’il fut clairement établi que le terrorisme qui l’a frappé dernièrement, venait du « royaume du serviteur des Saints Lieux ».