Début et fin de la frappe occidentale contre la Syrie : 100 missiles tirés

L’offensive contre la Syrie par le trio du bloc occidental aura duré à peine une heure, 50 minutes, selon certains observateurs, à l’aube de ce samedi.

Prenant pour prétexte la mise en scène chimique à la base d’images postées sur la Toile, l’attaque occidentale a été lancée vers 4 heures du matin et a pris fin vers 5h, heure locale. Elle a été menée conjointement par les USA, la Grande Bretagne et la France.

Les systèmes anti aériens et anti missiles syriens étaient eux aussi au rendez-vous pour riposter. Ni la Russie ni l’Iran n’ont participé à la riposte syrienne.

Plus de 100 missiles ont été tirés sur la Syrie, dont « un nombre significatif » d’entre eux interceptés, a dit Moscou.

Trump décidera

« L’opération est terminée », a affirmé le secrétaire d’état américain à la Défense, Jim Mattis,  lors de la conférence de presse tenue à la fin de l’offensive, en compagnie du chef d’état-major Joe Dunford. « Les Etats-Unis n’ont pas de plan pour de nouveaux raids et la décision revient à Trump, dans l’avenir », a-t-il ajouté.

Entre ces deux heures, a été entre autre bombardé le centre de recherches scientifiques syrien situé dans le quartier Barzé, au sud  de Damas.
Les dépôts de l’armée syrienne dans la province de Homs ont été visés aussi dans les bombardements, a précisé l’agence syrienne Sana.
« Les missiles qui ont pris pour cible la position militaire de Homs ont été interceptés et détournés de leur parcours. Il y a eu trois blessés », poursuit l’agence.

Des sites évacués

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, « plusieurs bases militaires » et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles.
Les informations de cette instance médiatique de l’opposition syrienne pro occidentale siégeant à Londres manquent de rigueur, d’autant qu’il ne s’agit d’une partie médiatique officiellement reconnue, quoiqu’elle est relayée par des agences occidentales.

Les sites militaires visés par les frappes avaient été évacués il y a plusieurs jours à la suite d’informations émanant de la Russie, a déclaré samedi un haut responsable syrien, selon Sputnik.

Des avions et des missiles

La télévision syrienne a nié que la région Masiaf située au sud-ouest de Hama ait été visée.
La télévision libanaise al-Mayadeen TV a pour sa part indiqué que les avions qui ont participé à l’offensive ont décollé depuis la base militaire américaine al-Adid, situé au Qatar.
Dans un premier temps, il a été question d’une trentaine de missiles mer-sol Tomahawk et Cruze qui ont été tirés depuis les navires de guerre au large de la Méditerranée. L’agence russe Sputnik a parlé quant à elle de 46 Tomahawk qui auraient été tirés, dont 12 interceptés.

Plus tard dans la matinée du samedi, le ministère russe de la Défense a assuré que 100 missiles ailés et air-sol  avaient été tirés depuis les porte-avions américains en mer Rouge et depuis les avions tactiques au dessus de la Méditerranée et les bombardiers B1B, depuis la base al-Tanaf, située à cheval entre la Syrie, le Jordanie et l’Irak.

« Un nombre important d’entre eux ont été interceptés avant qu’ils n’atteignent leur cible », a-t-il assuré, indiquant que les systèmes que l’armée syrienne a utilisés dans l’interception de ces missiles sont le S-125 te S-200

La télévision syrienne a souligné que la DCA syrienne a abattu 13 missiles dans la région d’al-Kaswat, dans la province de Damas.
« La défense anti-aérienne syrienne » est entrée en action contre « l’agression américaine, britannique et française », a-t-elle rapporté.
Selon l’AFP, des témoins ont rapporté que des colonnes de fumée s’étaient élevées du nord-est de Damas.

 

Attaque sans preuve

Le bombardement est intervenu quelques heures après que le Département d’Etat américain a argué avoir « la preuve » de l’utilisation d’armes chimiques par les forces syriennes à Douma, dans la Ghouta orientale. Sans rien montrer à l’appui.

Lors de la conférence de presse qu’ont tenue le secrétaire d’état à la Défense Jim Mattis et le chef de l’état-major John Dunford, alors que l’attaque était encore en cours, le premier n’a pas non plus montré les preuves de l’attaque chimique présumée. Le second a prétendu qu’il est difficile de sortir les preuves de Syrie.

Forces est de constater que les deux officiers américains ont évité de préciser la nature de l’agent chimique sois-disant utilisé. L’équipe de l’Organisation pour l’interdiction de l’armement chimique (OIAC) se trouve déjà dans la capitale syrienne et devrait entamer son enquïte ce samedi.

Cette lacune n’a pas empêché les dirigeants occidentaux de continuer à faire croire que l’attaque chimique a eu lieu.
« Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l’emploi d’armes chimiques », a martelé le président français Emmanuel Macron.
« Il n’y a pas d’alternative à l’usage de la force pour dégrader et empêcher le recours à des armes chimiques par le régime syrien », a affirmé la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué.

Elle venait aussi de lancer dans son pays toute une campagne d’accusations qui se sont avérées infondées contre la Russie l’accusant d’avoir empoisonné un ex-double agent russe et sa fille.

Vendredi, la Russie avait accusé la Grande Bretagne d’être impliquée dans la mise en scène chimique de Douma, dans la Ghouta orientale.

Une rhétorique chimique

Dans leurs déclarations survenues après l’attaque, les responsables occidentaux, politiques et militaires ont continué à axer leur rhétorique sur la mise en scène chimique, en avançant que les sites bombardés sont des chimiques.

Le chef d’état-major, le général Joe Dunford, a indiqué que les forces occidentales avaient frappé vendredi à 21H00 (01H00 GMT samedi) trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien, l’une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Même son de cloche de la part du ministère britannique de la Défense, selon lequel les quatre avions de combat Tornado GR4 qui ont contribué a la frappe « ont lancé des missiles Storm Shadow contre un complexe militaire – une ancienne base de missiles – à 24 kilomètres à l’ouest de Homs », une cible, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques », selon son communiqué.

Les Russes épargnés

Le ministère russe de la Défense a pour sa part annoncé samedi qu’aucune des frappes occidentales en Syrie n’avait atteint les abords des bases aérienne et navale russes sur le territoire syrien.
« Aucun des missiles de croisière tirés par les Etats-Unis et par leurs alliés n’est entré dans la zone de responsabilité des défenses aériennes russes qui protègent les installations à Tartous et à Hmeimim », a indiqué le ministère dans un communiqué cité par l’agence de presse d’Etat RIA Novosti.
Les forces russes disposent d’une base navale à Tartous et d’une base aérienne à Hmeimim.

Les USA n’ont pas le droit

« L’offensive américano-franco-britannique ne pasera pas sans conséquences », a quant à lui affirmé l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Anatoly Antonov.

« Les Etats-Unis qui possèdent le plus grand arsenal chimique n’ont pas le droit moral de réprimander les autres pays », a-t-il aussi martelé

Sur sa page Facebook, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a pour sa part condamné la frappe, déplorant « qu’elle vise la capitale d’un pays souverain qui lutte contre le terrorisme depuis plusieurs années ».

Mme Zakharova a rappelé que les informations de la Maison Blanche sur le recours aux armes chimiques sont fondées sur des médias et des enregistrements de vidéos non crédibles.

« les médias américains et occidentaux devraient se rappeler qu’il y a 15 ans, la Maison Blanche avait eu recours à la fiole d’expérience de son ministre des AE , et aujourd’hui, elle utilise les médias pour exécuter ses frappes », a-t-elle signalé.

Manifestement lésés par les avancées de l’armée syrienne et plus précisément dans la Ghouta orientale où sévissaient des groupes terroristes qu’elles soutenaient, ainsi que les monarchies arabes, les puissances occidentales sont accusées d’avoir orchestré la mise en scène chimique à Douma, pour avoir un prétexte et intervenir dans ce pays.

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