Daesh demande à Hollande de prolonger l’État d’urgence

648x415_capture-video-daesh-menace-david-cameronÁ l’heure où la polémique bat son plein concernant la prolongation de l’État d’urgence, Daesh s’invite dans le débat en diffusant une vidéo de propagande dans laquelle elle menace la France de nouveaux attentats.

En effet, le pseudo État islamique (EI) a publié dimanche 24 janvier , une vidéo intitulée « Tuez-les où que vous les rencontriez », affirmant présenter les auteurs des attentats du 13 novembre et menaçant tous les pays de la coalition, dont le nôtre.

Le président Hollande s’est empressé de répondre dès le lendemain de la diffusion de ce film, en affirmant qu’« aucune menace ne ferait douter la France », ajoutant :

 

« Si j’ai pris des mesures pour prolonger l’état d’urgence, c’est bien parce que je sais que cette menace est là et que nous ne cèderons en rien, ni sur les moyens de défendre notre pays, ni sur les libertés ».

 

Cette vidéo tombe à pic, alors que des voix commençaient à s’élever contre la prolongation de l’état d’urgence proposée par le couple de l’exécutif.

En effet, l’Élysée venait d’annoncer vendredi dernier, la présentation le 3 février en Conseil des ministres, d’un projet de loi visant à prolonger l’état d’urgence de trois mois après le 26 février. Le même jour, le Premier ministre Manuel Valls affirmait dans une interview à la BBC que cette prolongation devrait durer « le temps nécessaire », c’est-à-dire « jusqu’à ce que nous soyons débarrassés de l’EI ».

 

Le débat concernant ce régime d’exception était déjà relancé par la Ligue des Droits de l’Homme, qui annonçait mercredi avoir saisi le Conseil D’État pour mettre fin, totalement ou en partie, aux mesures contraignantes de l’état d’urgence, qui ne sont selon elle plus justifiées.

 

Cette situation était aussi pointée du doigt par une partie de la gauche, les verts, les magistrats, ainsi que nombre d’associations, pour atteintes aux libertés publiques. Sur le plan international, cette prolongation a été critiquée tant par l’ONU, qui la juge disproportionnée, que par le Conseil européen des Droits de l’Homme, qui a dénoncé des dérives faisant courir un risque pour la démocratie.

 

Cette intervention de Daesh arrive donc à point nommé afin de conforter le gouvernement dans son choix de prolonger l’état d’urgence et faire taire toute velléité de critiques.

Rappelons que l’État d’urgence permet à la police d’effectuer des perquisitions administratives dans les domiciles privés, de délivrer des assignations à résidence et de dissoudre des groupements ou associations sans aucune validation judiciaire : cette mesure d’exception apparait comme contraignante, portant atteinte aux libertés individuelles et source d’abus possibles, avec maintien d’un climat de tension portant atteinte à la qualité de vie des citoyens.

Il est important de comprendre qu’une fois que les outils de répression sont disponibles, ils sont susceptibles de servir à tout autre chose que l’objectif initial qui est la lutte contre le djihadisme, comme l’a démontré l’affaire des militants écologistes assignés à résidence afin de ne pas perturber la COP21 .

Daesh, grâce à son timing parfait, se transforme donc en « allié objectif » du pouvoir, à qui il permet, sous couvert de lutte contre le terrorisme, de faire passer ses lois sécuritaires, qui concerneront tous les citoyens et notamment les opposants politiques.

 

Le Parti Anti Sioniste condamne, une nouvelle fois, cette surenchère sécuritaire à laquelle se livre notre gouvernement, et alerte les Français contre ces dispositions qui vont à l’encontre des libertés publiques et de l’État de droit.

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