Crash en Égypte : la Russie s’en prend à Charlie Hebdo

Caricature avion russeLe Kremlin juge «blasphématoires» deux dessins relatifs au crash du week-end dernier dans le Sinaï, publiés cette semaine dans l’hebdomadaire.

La publication dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo, de deux dessins relatifs au crash de l’Airbus A321 provoque une vive polémique en Russie. Sur l’une de ces caricatures, on voit des fragments de l’avion tomber sur la tête d’un djihadiste sous le titre: «L’aviation russe intensifie ses bombardements». Dans un autre dessin, sous le titre: «les dangers du low-cost russe», Charlie Hebdo représente le crâne d’une victime disant: «j’aurais dû prendre Air Cocaïne».

Il s’agit «d’un blasphème, de quelque chose qui n’a aucun rapport avec la démocratie», a dénoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Cette publication n’a absolument pas sa place dans notre système public, dans notre pays multiconfessionnel et multinational», a ajouté ce dernier, estimant que «beaucoup» de ses concitoyens «se sentaient insultés».

«Elle témoigne de la profondeur de la crise morale dans la société occidentale et française» s’est insurgé l’un des dirigeants du parti Russie Juste, l’une des quatre formations officielles représentées à la Douma. Et ce parlementaire d’ajouter: «ces gens qui dessinent ainsi, ce sont simplement des pervers moraux». Sur ses comptes Twitter et Facebook, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a également dénoncé une «provocation de mauvaise qualité», qu’elle assimile à de «l’obscurantisme». La diplomate s’est par ailleurs interrogée: «y a-t-il encore quelqu’un qui est Charlie?»

«Confusion dans l’esprit des gens»

La publication des caricatures du prophète, qui fut le prétexte à l’assassinat des collaborateurs de l’hebdomadaire, en janvier 2015, avait déjà créé une polémique en Russie. Près d’un million de personnes avait alors manifesté dans la république musulmane de Tchétchénie, fermement dirigée par Ramzan Kadyrov, demandant à ne pas «insulter les sentiments des croyants».

Dans la mesure où Charlie Hebdo n’est pas lu en Russie, la controverse actuelle semble soigneusement organisée par les autorités russes qui refusent d’évoquer la probabilité d’un attentat, préférant incriminer, mezza voce, la compagnie. Selon le rédacteur en chef adjoint de la radio Echo de Moscou, Sergueï Boutman, cette querelle n’aura pour d’autre effet que d’accentuer «la confusion dans l’esprit des gens».

 

source: lefigaro.fr

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