La chimère américano-sioniste d’un « printemps iranien »

Alors que des manifestations à caractère social secouent actuellement l’Iran, les médias occidentaux se prennent à rêver d’un « printemps » persan, qui viendrait à bout de la République Islamique, fer de lance de l’Axe de la Résistance.

Une presse occidentale qui exagère volontairement l’ampleur de ces protestations, et oublie de préciser que les conditions économiques difficiles qui touchent les Iraniens sont largement les conséquences des sanctions mises en place par Washington et ses alliés occidentaux pour châtier le choix d’indépendance de Téhéran. Rappelons que l’Iran n’a pu exporter son pétrole avec le maximum de sa capacité qu’après la signature de l’accord nucléaire avec les 5+1.

La machine médiatique sioniste omet également d’expliquer que dans la plupart des pays arabo-musulmans avec lesquels la France est alliée, tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar ou Bahreïn, les manifestations sont interdites et durement réprimées par les pouvoirs en place. Ceux-ci n’hésitent pas à tirer sur la foule, contrairement à l’Iran où le peuple a la possibilité d’exprimer librement ses revendications dans la rue.

Évidemment, les manifestants se doivent de rester dans le cadre de la loi et « être libre » ne signifie pas détruire les biens publics ou user de violence contre les forces de l’ordre.

Ainsi, l’année 2018 commence avec des manifestations banales en Iran, contre la cherté de la vie, et des conditions sociales difficiles, comme cela se passe dans n’importe quel autre pays où les peuples peuvent exprimer leur mécontentement en descendant dans la rue.

Exception faite que dans ces pays ne se trouvent pas des agents cachés dans la foule ayant pour but de faire dégénérer ces manifestations. Des agents qui n’hésitent pas à tirer sur les forces de l’ordre, obligeant ces derniers à répliquer, ce qui donne une toute autre tournure à ces marches de protestation, qui peuvent très vite dégénérer dans une spirale de guerre civile.

Le processus est désormais éprouvé comme on a pu le voir en Syrie en 2011, ou en Ukraine en 2014. Deux pseudo-révolutions dont on sait maintenant, preuves à l’appui, qu’elles étaient largement orchestrées par des officines américano-sionistes.

En Iran même, une tentative avait eu lieu en 2009, de créer une « révolution verte » (slogan tout droit sorti des agences de communication de la CIA), sous prétexte de fraude à l’élection présidentielle.

Une expérience qui avait finalement échoué, se brisant face à la vigilance des forces contre-révolutionnaires des Pasdarans, ainsi que de la majorité du peuple iranien qui avait exprimé le 30 décembre 2009 son refus de se laisser entraîner dans une guerre civile orchestrée par les sionistes.

Ce jour-là, obéissant à la consigne du Guide Suprême, Seyyed Ali Khamenei, des millions d’Iraniens étaient descendus dans les rues du pays, pour s’opposer aux pseudo-révolutionnaires de la jeunesse occidentalisée de Téhéran, sponsorisés par Washington et Tel-Aviv.

Des manifestations gigantesques dont les médias occidentaux s’étaient fait à peine l’écho, et qui avaient clôturé le chapitre de cette tentative de déstabilisation.

Aujourd’hui, nous assistons à une nouvelle tentative de ce genre, avec les mêmes méthodes de propagande, essayant à nouveau de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Une propagande qui ne nous joue qu’une seule partition, grossière, du méchant régime autocratique sanguinaire face aux gentils manifestants réprimés sans pitié, faisant passer des manifestations dont les revendications sont purement économiques, pour une rébellion contre le pouvoir.

Une contrevérité évidente, mais pas étonnante, sachant que la plupart de nos journalistes ne sont désormais que de vulgaires petits propagandistes et agents de désinformation au service de l’Empire.

Ils auraient sinon exprimé d’autres analyses, dans la ligne de celle émise par Konstantin Kossatchev, sénateur russe et président de la Commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie, qui a évoqué plusieurs raisons ayant pu pousser les Iraniens à descendre dans les rues.

En effet, celui-ci, tout en admettant l’existence d’une série de raisons intérieures, n’a toutefois pas exclu la possibilité de l’existence de facteurs extérieurs.

« Cette vague de protestations est, en premier lieu, un symptôme de certains processus politiques intérieurs du pays. Les indicateurs sociaux-économiques influencent ce qui se passe, mais ils ne sont pas pires, comparés à ceux d’autres pays de la région et même par rapport aux indicateurs iraniens de l’année précédente : le PIB par habitant est de 5.300 dollars (c’est de 4,5% supérieur aux chiffres de l’année 2016, une fois et demie plus que celui de l’Égypte et de deux fois plus que celui de l’Ukraine) », a indiqué M. Kossatchev.

Selon lui, bien qu’il reste élevé, le taux d’inflation est à son plus bas depuis 25 ans, alors que le taux de chômage de 8-9,5% est inférieur à celui de la Turquie (11,6%) ou de l’Arabie saoudite.

Pourtant, certains indicateurs économiques sont capables de jouer le rôle de détonateur comme cela a été le cas cette fois avec « le doublement du prix des œufs en une semaine », a-t-il noté.

En même temps, souligne le sénateur, il ne faut pas oublier de possibles facteurs extérieurs, d’autant plus que l’Iran a été désigné comme étant « l’ennemi numéro 1 » pour la sécurité des États-Unis et que Donald Trump a ouvertement soutenu les manifestants en évoquant « des régimes oppresseurs » et la lutte du peuple iranien pour ses droits démocratiques.

Le sénateur a également rappelé que la télévision israélienne avait récemment rapporté que les États-Unis et l’entité sioniste criminelle auraient signé, le 12 décembre dernier, un accord de coopération secret pour contrer la politique iranienne. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre et criminel de guerre israélien, Netanyahu, s’est empressé d’exprimer son  soutien  aux manifestants.

« Bien sûr, le facteur extérieur existe, même s’il ne domine pas. Je crois que la vague de protestation va bientôt s’adoucir sans provoquer de révolution, mais « les acteurs » se sont montrés. Téhéran doit être vigilant et comprendre que certaines puissances sont intéressées à ce que le printemps arabe se transforme en printemps persan », a conclu le sénateur.

Il est clair que les autorités iraniennes sont très conscientes de cela et que ces manifestations prouvent que l’Empire américano-sioniste reste à l’affût de la moindre faiblesse, se tenant prêt à passer à l’attaque dès que l’occasion s’y prêtera.

Le ministre de l’Intérieur a ainsi averti que « ceux qui créent du désordre et agissent dans l’illégalité devront répondre de leurs actes et en payer le prix », faisant la distinction entre « ceux qui ont des revendications légitimes » et « les contre-révolutionnaires ».

Le gouvernement iranien a souligné pour sa part que le peuple avait le droit de manifester et réclamer l’amélioration de ses conditions de vie, tout en appelant à la vigilance face aux visées de certaines parties soutenues par les ennemis de l’Iran. Parmi eux, les inévitables USA, qui ont exprimé leur soutien aux fauteurs de troubles et « aux droits du peuple iranien ».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a réagi en affirmant :

« La nation iranienne ne fait aucun cas des allégations opportunistes et déplacées des responsables US dont Donald Trump. Le peuple iranien suivra certainement de près son implication dans la violation des droits de l’homme en Palestine, au Yémen et à Bahreïn. Il se souvient des restrictions qui lui ont été imposées, dont l’interdiction d’entrée aux USA et l’arrestation de nombreux Iraniens résidant dans ce pays. Voilà pourquoi le soutien sournois et opportuniste des autorités US aux manifestations de ces derniers jours prouve aux Iraniens l’hypocrisie de l’administration Trump. »

Le président Rohani, qui s’est adressé à son peuple, a évoqué la satisfaction des ennemis de la Révolution Islamique pour dire : « Cet homme aux USA qui veut compatir avec les Iraniens, aurait-il oublié qu’il nous a récemment traités de peuple terroriste ? Celui qui, de la tête au pied, montre de l’hostilité envers le peuple iranien, n’a pas le droit de nous exprimer de la compassion ».

Le Parti Anti Sioniste appelle le peuple iranien à la vigilance face aux forces contre-révolutionnaires manipulées par les américano-sionistes.
Ces derniers n’auront de cesse d’abattre la République islamique qui se dresse contre eux dans leur volonté de coloniser et d’exploiter les richesses énergétiques des peuples de la région.
Si le droit de manifester pacifiquement afin d’exprimer son ras-le-bol ou sa colère face aux difficultés économiques et sociales est tout à fait légitime, il est impératif de ne pas écouter les voix de ceux qui poussent à la sédition en usant de violence contre les biens publics ou les forces de l’ordre.
Car si l’on peut être sûr d’une chose, c’est que la division et la guerre civile profiteraient à beaucoup de monde, mais certainement pas au peuple iranien.
À l’heure actuelle, où, dans notre pays l’on s’offusque du passage à tabac de policiers par des voyous, nos médias et responsables politiques seraient bien inspirés de s’émouvoir également quand d’autres policiers, iraniens cette fois, meurent sous les balles tirées par des pseudo-manifestants.
Un deux poids deux mesures à méditer pour nos défenseurs des droits de l’Homme à géométrie variable…

 

 

Commentaires