Bain de sang à Gaza : Au moins 14 Palestiniens tués

Le bilan des Palestiniens qui ont été tués lors de la « Marche du grand retour » s’est alourdi.

14 personnes ont perdu la vie et 1 200 autres ont été blessées lors de la « Marche du grand retour » qui s’est déroulée, vendredi 30 mars, dans la bande de Gaza, à l’occasion du Jour de la Terre.

Selon le ministère palestinien de la Santé, Mohammed Rabhi al-Kafarna (22 ans), Sari Walid Abou Aoudat et Hamdan Ismaël Abou Amchah ont été tués par les tirs d’artillerie des soldats israéliens à Beit Hanoun.

Les autres manifestants tués sont: Mahmoud Saadi Rahmi et Jahad Farina dans l’est de Gaza, Ahmed Ibrahim Aoudat (16 ans) dans le nord de Gaza, Mohammed Abou Omar (19 ans), Amin Mahmoud Mouammer à Rafah, Mohammed Kamal al-Najjar (25 ans) dans l’est de Jabalia, Abdel Fattah Abd al-Nabi, Ibrahim Abou Shaar et Iyad Abdel Aal (34 ans), a annoncé le ministère

Un autre jeune Palestinien, dont l’identité n’a pas été encore annoncée, a été tué à Beit Hanoun par les tirs d’artillerie de l’armée israélienne.

Le samedi 31 mars au matin, un agriculteur palestinien, âgé de 31 ans, a été tué suite au tir d’un obus de canon sur la localité d’al-Barakah, située à Khan Younès.

Des milliers de Palestiniens ont pris part vendredi à des manifestations organisées à travers la bande de Gaza, à l’occasion du Jour de la Terre, pour réclamer leur droit au retour dans leurs villes natales dans les territoires occupés. Baptisé « la Marche du grand retour », ce mouvement de protestation doit durer six semaines.

Les manifestants ont planté des tentes près de la Palestine occupée. Un autre camp de tentes a été installé le long de la frontière de Gaza.

De nombreux soldats et tireurs d’élite de l’armée israélienne se sont déployés de l’autre côté de la frontière. Ils tiraient, de temps à autre, vers les manifestants réunis près d’al-Chojaïa à l’est de Gaza.

Le Hamas et les groupes palestiniens de Gaza ont appelé la population à prendre part massivement à la marche et à se diriger vers la frontière qui sépare la bande de Gaza des territoires occupés.

Le régime israélien a occupé, en mars 1976, des milliers d’hectares de territoires qui appartenaient aux Palestiniens.

Dans ce droit fil, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence, vendredi 30 mars au soir, sur la demande du Koweït, pour discuter des dernières évolutions à Gaza.

La représentation de la Palestine à l’ONU a adressé une lettre au Conseil de sécurité et lui a demandé de contraindre Israël de répondre de ses crimes. Elle a également demandé une protection internationale pour les manifestants palestiniens. La réunion a eu lieu à huis clos.

Quant au représentant permanent du Koweït à l’ONU, il a appelé le Conseil à prendre des mesures nécessaires et à condamner les exactions de l’armée israélienne contre les manifestants palestiniens.

De son côté, l’ambassadeur adjoint de la Suède a qualifié la situation à Gaza de « regrettable », prônant l’ouverture immédiate d’une enquête sur la mort de nombreux manifestants. Préoccupé par les raids aériens de l’aviation israélienne sur la bande de Gaza, il a appelé les deux parties, et en particulier celle de Tel Aviv, à ne pas recourir à la violence.

Toujours dans ce contexte, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit profondément soucieux des affrontements qui ont éclaté vendredi dans la bande de Gaza et qui se sont soldés par au moins 14 morts côté palestinien. Il a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente.

À noter qu’aucun des manifestants palestiniens n’était armé ou ne menaçait les militaires israéliens.