La guerre économique impitoyable des USA contre l’Europe

Alors que nos dirigeants européens ne cessent de vanter les mérites d’une économie libérale basée sur le libre-échange, et signent des traités comme le CETA nous livrant à la merci des multinationales anglo-saxonnes, les États-Unis, de leur côté, renforcent leurs mesures protectionnistes.

En effet, ces derniers sont loin devant les autres nations développées en termes de protectionnisme économique. Pour eux, c’est « l’Amérique d’abord » (America first), et leur vision des relations internationales du point de vue économique ou commerciale est identique à celle qu’ils ont sur le plan militaire : une vision hégémonique et impérialiste.

Comme nous ne cessons de le répéter, l’Empire n’a pas d’alliés, il n’a que des vassaux. Il serait temps que nos dirigeants cessent de servir les intérêts des Américains au détriment de ceux de leur propre peuple et de louer cette fausse relation « gagnant-gagnant » avec nos « amis » étasuniens.

Évidemment, ce n’est pas chose aisée, car riposter aux mesures protectionnistes US reviendrait à leur déclarer une guerre économique. Mais cette guerre existe depuis longtemps, comme l’avait fait remarquer feu le président François Mitterrand qui expliquait que :

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort…, apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde! »

En effet, la France et l’Europe sont en guerre, mais elles font semblant de ne pas le voir, et refusent de l’accepter.

On remarque ces dernières années, et encore plus depuis l’arrivée de Trump, une volonté américaine de mieux défendre les intérêts de ses entreprises industrielles, particulièrement dans les secteurs clefs de : l’acier, l’aluminium, l’automobile, l’aéronautique, les semi-conducteurs et la construction navale.

Ainsi, Donald Trump s’est récemment illustré par sa décision de surtaxer les importations d’avions du Canadien Bombardier et en s’opposant au nom de la « sécurité nationale » au rachat de Lattice Semiconductor par un fond d’investissement financé par des capitaux chinois.

Pour l’économiste Jean-Eric Branaa « les Américains ont toujours considéré qu’il y avait des pans entiers de leurs souverainetés et de leurs industries qui ne pouvaient pas être vendus ».

Aujourd’hui, l’intérêt des Anglo-saxons est d’être dans une logique de protection de leurs richesses, de leurs industries et de leurs savoir-faire, alors qu’auparavant, ils étaient dans une optique d’ouverture à outrance, car cela allait dans le sens de leurs intérêts et leur permettait de gagner de la richesse.

Cela n’est plus le cas depuis l’émergence de nouvelles puissances industrielles et technologiques fortement concurrentielles comme la Chine, l’Inde ou l’Australie.

Les Américains ont très bien perçu les dangers de la globalisation qui entraînent pour les états une perte de souveraineté économique, d’où ces mesures protectionnistes qui visent à les en préserver.

Une véritable politique de patriotisme économique est de mise, alors qu’au sein de l’UE, les pays sont désormais à la merci des multinationales étrangères.

Les peuples d’Europe doivent comprendre qu’ils sont les dindons de la farce de ce système qui ne bénéficie qu’aux Américains, mais aussi aux britanniques qui l’ont montré avec le Brexit.

Contrairement aux politiciens qui n’ont plus leur mot à dire, au niveau des entreprises européennes, la défense commence à s’organiser, et certaines d’entre elles s’allient ou fusionnent, afin de faire face à la concurrence féroce des multinationales américaines.

On pense à Airbus qui a pris le contrôle d’une filiale du Canadien Bombardier et qui concurrence maintenant l’américain Boeing sur ses terres.

Alors que chez nous, patriotisme et nationalisme sont des notions largement stigmatisées par l’establishment et les médias, l’oncle Sam ne se gêne pas pour appliquer de nombreuses mesures visant à protéger sa souveraineté en matière économique et commerciale.

Chez nous, le protectionnisme continue d’être dénoncé, alors que son but premier est de se protéger de la concurrence déloyale ou de pratiques de dumping social, environnemental ou fiscal. Les mesures protectionnistes permettent ainsi de maintenir l’emploi industriel sur le territoire national. C’est la logique de Trump quand il menace de représailles douanières Toyota, le géant de l’automobile japonais, s’il ouvre une usine au Mexique destinée à fabriquer des voitures pour le marché américain. Il a fait de même avec deux autres constructeurs américains, Ford et General Motors.

Une attitude aux antipodes de celles de nos responsables, qui vendent les fleurons nationaux à des entreprises étrangères, nous faisant perdre au passage notre savoir-faire stratégique.

De leurs côtés, les Américains sont sans pitié pour notre économie, comme le prouvent les sanctions prises par l’UE à l’encontre de la Russie, sous injonction US, qui ont fortement pénalisé les exportations européennes. On pense également aux mesures anti-iraniennes imposées par Washington, qui avaient fait tant de mal à Peugeot-PSA qui détenait 30% du marché iranien, y écoulant près de 20% de sa production totale, avant de devoir fermer boutique. Ces évènements, s’ajoutant à la baisse de croissance en Chine ont fortement déstabilisé le commerce extérieur européen.

Autre coup dur porté à notre économie, l’application de l’extraterritorialité du droit américain, qui sanctionne de nombreuses entreprises européennes. Cette mesure invraisemblable, qui ne connaît pas d’équivalent réciproque, a contribué à affaiblir de nombreuses entreprises du vieux continent.

Basée sur la lutte anti-corruption, le respect des embargos américains ou encore le combat anti-terroriste, l’extraterritorialité des lois américaines permet aux États-Unis de traquer les malversations d’une entreprise partout sur le globe, dès lors que ses transactions transitent par le circuit financier US.

L’objectif affiché semble être la moralisation des affaires, l’établissement des conditions d’une concurrence libre, ouverte et équitable partout dans le monde, mais en réalité, elle est un instrument de puissance au service de ses intérêts de Washington.

En effet, grâce à cette mesure, les USA ont attaqué de nombreuses entreprises européennes, récupérant au passage des sommes faramineuses.

En 2008, l’allemand Siemens a dû s’acquitter de 800 millions de dollars pour des versements de pots-de-vin en Argentine ou au Venezuela. Et en 2014, le français Alstom a dû verser 772 millions de dollars pour des faits de corruption dans plusieurs pays. La même année, la banque BNP Paribas a dû verser 8,9 milliards de dollars pour des transactions menées avec des pays sous embargo US, comme l’Iran, le Soudan ou Cuba. En 2016, Volkswagen, accusé de ne pas respecter les normes antipollution sur ses véhicules diesel a été condamné à verser près de 15 milliards de dollars pour échapper à un procès aux États-Unis. Le ministère de la Justice américain a requis en 2016 l’amende record de 14 milliards de dollars contre la DEUTCH BANK, accusée d’avoir vendu des titres toxiques avant la crise de 2007/2008. Quelques amendes ont également été requises contre des entreprises US pour ne pas être taxé de favoritisme, mais dont les montants sont sans communes mesures avec ceux précités.

En Europe, on semble avoir un peu oublié l’analyse géo-économique et fairt preuve de naïveté. Il serait temps que nos responsables ouvrent les yeux et prennent leurs responsabilités.

Il faut briser cette volonté d’un monde unipolaire, qui est au bénéfice d’un seul peuple, d’une seule nation et d’une seule économie et qui nous place désormais dans un état de semi-vassalisation.

Le Parti Anti Sioniste appelle nos dirigeants, français et européens, à protéger nos peuples face à ces multinationales anglo-saxonnes qui s’enrichissent en appauvrissant nos populations et en cassant le tissu industriel de nos pays.
Les mesures protectionnistes régulièrement utilisées par les États-Unis prouvent la faillite du modèle ultra-libéral dans le pays même qui l’a inventé. Il serait temps que nos dirigeants s’en rendent compte et commencent à penser à leurs peuples au lieu d’être dirigés par les banques et les groupes industriels mondiaux que ces dernières détiennent.
Alors que les Américains défendent et promeuvent leurs intérêts économiques nationaux sur leur territoire ainsi qu’à l’étranger, nos responsables bradent notre souveraineté économique.
Mais il est sûr qu’il n’y a pas que des traîtres parmi nos dirigeants, qui ont certainement conscience des enjeux, et que cette inaction générale traduit peut être leur impuissance.
Même si certains pensent qu’il est déjà trop tard pour réagir, il est important de résister afin de retrouver notre souveraineté économique perdue.

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