Cheikh Qassem, guide spirituel des Bahreïnis, tué à petit feu !

Cheikh Maysam Al-Salmane, le chef du Centre du Bahreïn pour le dialogue et la tolérance, a accusé les autorités bahreïnies de vouloir tuer à petit feu le guide spirituel du peuple bahreïni, Cheikh Issa Qassem.

Pour avoir soutenu le mouvement de contestation populaire, qui avait secoué dans la foulée du Printemps arabe cet émirat gouverné depuis plus de deux siècles par la dynastie des al-Khalifa, Cheikh Qassem s’est vu déchoir de sa nationalité et condamné à l’expulsion. Comme il avait refusé cette sentence inique et injustifiable, il fut mis sous résidence surveillée et son quartier résidentiel se trouve assiégé depuis 2016.

Cheikh Al-Salmane, qui se trouvait à Beyrouth a déploré :

« L’Ayatollah Qassem est toujours sous résidence surveillée et le siège dont il fait l’objet le prive de son droit élémentaire d’être soigné… le fait de le priver de son droit de se déplacer et de choisir librement le traitement médical dont il a besoin veut dire qu’il est en train d’être tué à petit feu , dans sa maison ».

Et de poursuivre :

« Chaque moment qui passe sans traitement raccourcit sa vie. Il passe la plupart de son temps au lit… il ne pèse plus que 40 kg… il urine du sang… même ses enfants n’ont plus le droit de lui rendre visite ».

Bahreïn:  cheikh Issa Qassem

Cheikh Al-Salmane a réclamé la suspension du siège imposé par les autorités bahreïnies dans la région al-Daraaz, ainsi que la suspension de la résidence surveillée.
Condamnant la sentence juridique qui lui a été infligée, le militant bahreïni a rappelé que Cheikh Qassem est l’un des auteurs de la première constitution du Bahreïn.

« Durant sa lutte non seulement il n’a jamais appelé à la violence, mais il l’a strictement interdite », a t-il conclu.

Jeudi après-midi, des manifestations ont éclaté dans l’île Satrat, à l’Est du pays réclamant la libération du haut dignitaire malade. Il va sans dire que des accrochages ont eu lieu.

L’association des oulémas musulmans du Liban a réagi aux conditions déplorables dans lesquelles se trouve Cheikh Qassem et, dans un communiqué, elle pointe du doigt la responsabilité du régime d’al-Khalifa.

«La responsabilité de la santé du Cheikh Issa Qassem revient entièrement au roi».

La chaîne de télévision Al-Mayadeen a rapporté que l’association a appelé les organisations internationales des Droits de l’homme à exercer des pressions sur les dirigeants de Manama afin qu’ils lèvent l’assignation à résidence du cheikh Issa Qassem pour qu’il puisse bénéficier d’une intervention médicale d’urgence,  car son état de santé s’est dangereusement détérioré. De leur côté, les autorités du régime al-Khalifa insistent pour qu’il reçoive le traitement à domicile sous des mesures draconiennes.

Avant de demander la fin de ce traitement inhumain, le communiqué a fait remarquer que :

« La poursuite de cette situation signifie une négligence de traitement manifestement délibérée des autorités de Manama »

Les oulémas du Liban ont menacé de prendre des mesures appropriées si le régime des al-Khalifa de répond pas favorablement à leur requête.Ils exhortent le peuple bahreïni à répondre massivement aux appels de sit-in et de manifestations, et à ne pas quitter la rue.

En conclusion, le communiqué met en garde le régime de Manama contre la poursuite des politiques répressives à l’encontre du peuple dont les aspirations sont légitimes et primordiales pour le rétablissement de la paix et de la stabilité dans le pays.

Rappelons que ce sont les Britanniques qui ont intronisé, il y a deux siècles, la dynastie des al-Khalifa, qui gouverne depuis d’une main de fer. Avec l’aide des forces saoudiennes, elle réprime depuis 2011 le mouvement de contestation populaire pacifique qui réclame des réformes politiques, telles que l’instauration d’instances représentatives et participatives de la population.

Des dizaines de Bahreïnis ont été tués et blessés durant les assauts lancés par les forces de l’ordre contre les manifestations pacifiques et plus de 480 personnes ont été déchues de leur nationalité. Dans le même temps, Manama procède à un changement démographique de la population en naturalisant des ressortissants bengalis, pakistanais et autres.

Pour décrédibiliser ce mouvement, les al-Khalifa mènent une importante campagne de désinformation dans le monde. Ils l’accusent de collusion avec l’Iran et le Hezbollah pour monter les Sunnites contre les Chiites qui, rappelons-le, sont majoritaires dans ce pays.

Pour les médias occidentaux, le siège que les autorités policières imposent à Al-Darraz est présenté comme visant à « renforcer les mesures de sécurité ».

Abritant la 5ème flotte de la marine américaine, Manama jouit d’un soutien infaillible de la part des puissances occidentales, d’autant qu’elle avance à grand pas vers la normalisation avec l’entité sioniste d’Israël. Ce qui explique l’indifférence flagrante avec laquelle les revendications du peuple bahreïni sont accueillies.

Le Parti Anti Sioniste condamne avec la plus grande fermeté l’ignoble comportement des autocrates al-Khalifa envers un dignitaire religieux, désarmé, âgé et malade de surcroît.
Comment pouvez-vous priver un malade des soins dont il a besoin ?
Comment pouvez-vous priver des enfants de rendre visite à leur père malade ?
Croyez-vous que vous êtes à l’abri de la maladie ?
Croyez-vous que la 5ème flotte américaine ou une autre « force » vous mettra à l’abri du châtiment que vous méritez ?
Revenez à la raison, libérez cet homme honorable et répondez aux aspirations de votre peuple, vous ne pourrez qu’y gagner. Mais même si vous le souhaitiez vraiment,  auriez-vous les mains libres pour le faire ?…

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