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Syrie : « Qui sont-ils pour me demander de quitter mon pays et mon peuple ? »

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Mardi, 23 Août 2011 [Section :  Actualités antisionistes]
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Le Président syrien Bachar al-Assad, interviewé par la télévision d’État (Damas, 21/08/11).Le Président syrien Bachar al-Assad, interviewé par la télévision d’État (Damas, 21/08/11).

Syrie : « Qui sont-ils pour me demander de quitter mon pays et mon peuple ? »

Pour la première fois depuis son accession au pouvoir en 2000, le Président syrien accorde une interview à la télévision d’État syrienne. Dimanche 21 août, il a averti que « toute action militaire contre la Syrie auraient des retombées plus importantes que prévues pour plusieurs raisons », jugeant sans valeur les appels occidentaux pour son départ.

Bachar al-Assad a révélé avoir reçu, quelques semaines après l’invasion de l’Irak, des menaces américaines d’occupation de la Syrie si un certain nombre d'exigences n’étaient pas remplies. « Notre réponse a été de refuser toutes ces demandes » a précisé le Président, expliquant que « les réformes attendues de la part des États occidentaux colonisateurs sont uniquement celles qu’ils dictent, à condition de renoncer à la résistance et d’abandonner nos droits ». S’adressant aux pays ennemis, il ajoute : « parfois il faut leur dire que si vous voulez aller plus loin dans vos politiques, nous sommes prêts à aller plus loin ».

A propos des appels de dirigeants occidentaux réclamant son départ, le Président syrien a déclaré qu’ils étaient sans valeur : « en nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur ». Et il ajoute : « De tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un Président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un Président qui n'est pas fabriqué aux États-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger ». Al-Assad considère que les relations actuelles de la Syrie avec ces pays occidentaux sont marquées par un conflit de souveraineté. Jeudi 18 août, dans ce qui a semblé être une vraie confiscation de la volonté du peuple syrien, le Président américain Barack Obama, suivi de ses alliés occidentaux, a renforcé les sanctions contre la Syrie et a, pour la première fois, appelé explicitement Bachar al-Assad à partir !

Interrogé sur les dernières prises de position turques, le chef de l’État syrien a répondu : « Nous ne connaissons pas les intentions qui alimentent les déclarations des responsables turques, nous ignorons si elles sont faites par souci de la Syrie comme nous l’entendons dire de temps à autre. Si tel est le cas alors nous sommes reconnaissants de tous ceux qui se soucient de la Syrie. Si c’est par préoccupation de ce qui pourrait en découler pour la Turquie, c’est aussi normal ». Bachar al-Assad a cependant tenu à signaler que « lorsqu’il s’agit de prendre le rôle de guide ou maître, au détriment de la cause syrienne, c’est inadmissible de la part de tout responsable du monde, y compris de la part de la Turquie ».

Lors de l’interview, le Président a annoncé que des élections locales devraient avoir lieu en décembre et des élections législatives « quatre à huit mois après la publication des décrets d'application sur la loi électorale, au plus tard en février, afin de permettre aux partis politiques de se constituer et d'avoir le temps de faire campagne ». Bachar al-Assad a précisé que trois lois ont déjà été promulguées : l'annulation de l'état d'urgence, la loi des partis politiques et la loi pour les élections. « Dans quelques jours, sera désigné le comité de loi des élections et donc, à partir de la semaine prochaine, nous serons prêts à annoncer la création de nouveaux partis et à accepter les demandes de création de partis politiques ». Le Président a également ajouté : « La loi de l'information devrait être publiée avant la fin du mois de Ramadan. Il nous faudra passer à la formation d'une commission chargée de l'étude et de la révision de la Constitution. La commission aura besoin de trois à six mois pour achever sa mission, et ensuite nous passerons aux élections de l'Assemblée du peuple ».

A propos des sanctions économiques décidées par les pays occidentaux, Bachar al-Assad a déclaré : « en dépit des bonnes relations économiques avec l'Europe, la Syrie n’avait d'autres alternatives que de s’orienter vers l'Est, ce qu’elle continue de faire ». D’après des diplomates, les mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l'importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi 23 août. L'Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays. Le Président a reconnu que la crise avait eu un impact sur la situation économique du pays, mais que « celle-ci commençait à se rétablir depuis deux mois, il faut garder le moral ! ». La Syrie n'aura jamais faim parce qu’elle s’auto suffit et que, de par sa position géographique, elle influence les autres pays de la région.

Quant à la situation sécuritaire, le chef de l'État syrien a précisé : « Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante. Le complot (déjoué) visait à faire tomber la Syrie en l'espace de quelques semaines ! Il n'y a pas de solution purement sécuritaire et toute solution est forcément politique, mais elle ne pourra être mise en œuvre que si la sécurité est préservée ».

Alors que le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navy Pillay, a indiqué vendredi qu'il y avait désormais des « preuves » de « crimes contre l'Humanité », et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à saisir la justice internationale, Bachar al-Assad a précisé qu'il existait en Syrie « […] une commission d'enquête indépendante. Un certain nombre de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu'il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen, sera jugé sur la base de preuves. Nous n'acquitterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent ».

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