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21
Nov
Syrie : Ce que nos médias ne disent pas… Imprimer
Lundi, 21 Novembre 2011 [Liste des articles]

Manifestation du peuple syrien contre la décision de la Ligue « arabe », et contre l’ingérence étrangère…Manifestation du peuple syrien contre la décision de la Ligue « arabe », et contre l’ingérence étrangère…Syrie : Ce que nos médias ne disent pas…

Selon la Ligue « arabe », la Syrie n’a pas appliqué le plan de paix proposé par celle-ci, qui prévoyait un arrêt des violences, le retrait des forces armées des villes, la libération des opposants emprisonnés, une ouverture de dialogue avec l'opposition et l'envoi d'observateurs indépendants en Syrie. L’organisation devait donc se réunir, ce mercredi 16 novembre 2011, au Maroc, afin d’entériner la suspension de la Syrie des travaux de la Ligue. Pourtant, le régime du président Bachar al-Assad avait fait un geste en direction de l’organisation et avait libéré plus d'un millier de détenus « impliqués dans les évènements en Syrie et qui n'ont pas de sang sur les mains ».

Alors que le ministère syrien des Affaires étrangères avait annoncé que son pays ne participerait pas à la réunion de la Ligue « arabe » ni à la réunion arabo-turque prévues mercredi, des millions de Syriens ont à nouveau envahis les rues de Syrie : Damas, Lattaquié, Tartous, Alep et Hama, pour exprimer leur soutien au régime syrien et aux réformes qu’il entreprend. Les manifestants scandaient des slogans de soutien au président syrien : « Le peuple veut Bachar al-Assad » ou encore « Nous nous sacrifierons pour toi, Bachar ». Certains slogans condamnaient les dernières décisions de la Ligue arabe et refusaient toute ingérence étrangère.

A Tunis, des dizaines de tunisiens ont manifesté, le même jour, devant le siège de la Ligue « arabe ». Dans leurs slogans, les manifestants accusaient l’instance panarabe d’être un instrument aux mains de l’impérialisme et du sionisme et qualifiaient la Syrie de « bastion de l’Arabité, de la Palestine et de la Résistance ».
Le parti de l’union démocratique unifiée mettait en garde contre la décision de la Ligue, y voyant une ingérence étrangère dans les affaires internes syriennes afin de permettre au plan occidentalo-sioniste de mettre en place une nouvelle carte dans la région.

De nombreux appareils de communication et de diffusion satellitaire très sophistiqués utilisés par « les groupes terroristes armés et ceux qui avaient des contacts avec les chaînes satellitaires tendancieuses », ont été confisqués.
Certains de ces équipements permettaient de « capter les fréquences des appareils de communication des forces de sécurité syriennes et facilitaient la communication entre les terroristes, leur permettant de se déployer selon le trajet des forces de l'ordre », dans le but de semer le chaos et le trouble parmi les Syriens.

Selon l’agence de presse syrienne Sana, mardi 15 novembre ont eu lieu les « obsèques de 11 martyrs de l’armée et des forces de sécurité, tués par des groupes terroristes armés, à Homs, Idleb, et à Deraa », tandis que l’AFP rapporte que plus de 70 personnes ont été tuées la veille -dont 27 civils, 34 soldats et 12 déserteurs-. Il semble que les médias occidentaux et leurs alliés arabes et turcs commencent à compter les morts de l’armée et des forces de sécurité syriennes… Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), cinq militaires ont été tués par des déserteurs à Deraa (sud), et, dans la région d'Idleb, « 14 soldats sont morts ou blessés » lors d'accrochages. Un enfant a péri à Kafarouma, où des explosions ont été entendues et un autre civil a été tué par les forces de sécurité à Khan Cheikhoune, a ajouté l'OSDH.

Tandis que l’AFP a rapporté qu’un centre des services secrets syriens a été attaqué mercredi près de Damas par des militaires dissidents, les comités locaux de coordination, présentés comme une organisation de l'opposition qui coordonne les manifestations sur le terrain contre le régime de Bachar al-Assad, donne une version différente. Cette attaque a été menée par « l'Armée syrienne libre », une force d'opposition armée, créée en juillet par le colonel Riad al-Assad, qui a déserté et s'est réfugié en Turquie. L’attaque a été perpétrée contre le quartier général des services de renseignements aériens de Damas. « Des explosions ont secoué Zamalke, Hamouriya, Douma, Harasta (localités près de Damas) et nous avons des informations confirmées qu'un centre des services de renseignements à Harasta a été frappé », a rapporté de son côté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne.
Là encore, la version de l’AFP diffère, l’agence signale qu’aucune information sur d'éventuelles victimes, tant du côté des services secrets que des déserteurs, n'était disponible dans l'immédiat.

Selon l’agence irakienne Nakheel News, des bases militaires ont été installées, il y a un an, en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie pour entrainer des mercenaires arabes et musulmans et les envoyer ensuite en Syrie. Et bien-sûr, les médias occidentaux n’en disent rien ! Entrainés par des militaires israéliens, américains et turcs, ces mercenaires perçoivent des salaires astronomiques. Il existe également des stations conçues pour transférer des armes en Syrie, par l’intermédiaire de trafiquants d’armes travaillant, entre autres, pour la société de sécurité américaine Black Water, dont le siège se trouve à Abu Dhabi et les dirigeants jouissent d’immunité judiciaire ! L’une de ces stations se trouve au Liban, dans des zones contrôlées par le courant « Futur » de Saad Hariri et les « Forces libanaises » de Samir Geagea. Le Qatar et l’Arabie Saoudite financent l’achat de ces armements dont la plupart proviennent de dépôts américains, israéliens et turcs. 
Les services de renseignements américains supervisent et commanditent ces opérations dont le but est de perpétrer des attentats terroristes contre les établissements officiels syriens, de liquider des personnalités universitaires et scientifiques, des diplomates syriens à l’étranger ou d’incendier des ambassades syriennes à l’étranger, pour en incomber ensuite la responsabilité à la direction syrienne. D’après l’agence de presse irakienne, les mercenaires ont reçu l’ordre d’intensifier leurs attentats contre l’armée et les forces de l’ordre syriennes et contre les civils afin de les dissuader de participer aux manifestations de soutien au président Bachar al-Assad…

URL : www.partiantisioniste.com/articles/943
 
13
Nov
Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur ! Imprimer
Dimanche, 13 Novembre 2011 [Liste des articles]

Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien, envisage des frappes contre l’Iran…Israël est la seule menace nucléaire dans la région, mais c’est l’Iran qui est dans le collimateur !

Le chef d'état-major adjoint des forces iraniennes, le général Massoud Jazayeri, a menacé, mercredi 9 novembre, l’entité sioniste de « destruction » si ce pays attaquait ses installations nucléaires.
« Le centre de recherche nucléaire israélien de Dimona est le site le plus accessible que nous pouvons viser et nous pouvons aller plus loin. A la moindre action de l’entité sioniste contre l'Iran, nous assisterons à sa destruction », a averti le général Jazayeri cité par la télévision iranienne en arabe, Al-Alam.

« Notre réponse à une attaque ne sera pas limitée au Proche-Orient, nous avons des plans prêts pour réagir », a également affirmé le général Jazayeri sans donner de précisions. De son côté, le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, a déclaré qu’ « une poignée de dirigeants américains écervelés et atteints, semble-t’il, de la maladie d’Alzheimer, menacent d’assassiner les commandants des Gardiens de la révolution. Ils ne doivent pas oublier que des commandants américains se trouvent en Afghanistan, en Irak et dans les autres pays de la région. Si vous tuez l’un des nôtres, nous tuerons dix des vôtres ».

Les responsables militaires iraniens affirment régulièrement que l'Iran, qui considère les Etats-Unis coresponsables d'une éventuelle frappe israélienne, pourrait s'en prendre à des objectifs militaires américains s'il était attaqué par l’entité sioniste. A plusieurs reprises, ils ont souligné que les forces américaines au Moyen-Orient, et notamment dans le Golfe, étaient vulnérables face aux forces navales iraniennes.

Selon le directeur adjoint du Centre des Etudes internationales chinois de l'Université Tsinghua, Liu Jiangyong, l'entité sioniste ne possède pas les moyens réels d'attaquer les installations nucléaires iraniennes et ses récentes menaces sont purement rhétoriques. « Actuellement, les Etats-Unis et Israël ne peuvent pas faire usage de la force militaire contre l'Iran. Pourquoi lancent-ils alors, de vaines menaces ? », interroge-t’il. D’après l'expert, ces menaces ont pour but de provoquer un mouvement de spéculation sur le marché financier international. Conscients des répercussions de la situation en Libye sur les bourses, « certains lobbys financiers et pétroliers américains » cherchent conjointement avec l'entité sioniste, à peser sur les prix des contrats à terme.

Dimanche 6 novembre, avant que l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) ne rende son rapport sur le programme nucléaire de l'Iran, le président israélien Shimon Peres a averti que « la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran était plus proche qu'une option diplomatique ».
Cependant, l’entité sioniste qui battait les tambours de guerre, a estimé que le dernier rapport de l'AIEA éloignait le scénario d'une attaque contre l'Iran.

La « sévérité sans précédent » du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien éloigne, pour le moment, le scénario d'une attaque israélienne contre l'Iran, ont indiqué mardi soir deux chaînes de télévision israéliennes.

Ce rapport permet à l’entité sioniste d'attendre « quelques semaines, voire quelques mois » pour voir si la communauté internationale adopte ou pas des « sanctions paralysantes » visant notamment le boycott total de la Banque centrale iranienne et les exportations de pétrole. Le commentateur militaire de la télévision publique israélienne, Yoav Limor, a également estimé « qu'avec ce rapport, l'option militaire est mise de côté. Désormais, le débat dans le monde va porter sur la nature des sanctions qui doivent être imposées à l'Iran ». La dirigeante de l'opposition et chef du parti centriste Kadima, Tzipi Livni, a pour sa part affirmé dans un communiqué, que l’entité sioniste devait utiliser ce rapport pour pousser le monde à agir plus fermement contre le programme nucléaire iranien.

L'AIEA s’est dit inquiète d’une « possible dimension militaire » du programme iranien mais ne dit rien des 200 ogives nucléaires que possède l’entité sioniste, seule puissance atomique dans la région ! Elle ne dit rien non plus des deux sites israéliens de recherche nucléaire à Dimona et Soreq, qui ne sont jamais inspectés ! Le dernier missile balistique israélien, Jéricho III, est capable d’atteindre l’Iran et toute l’Europe et peut transporter une bombe nucléaire plus de 1000 fois plus puissante que celle lâchée sur Hiroshima. Mais il est vrai qu’Israël n’a jamais voulu signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires…

URL : www.partiantisioniste.com/articles/939
 
01
Nov
Suite à la manifestation contre la christianophobie… [Communiqué du Centre Zahra France] Imprimer
Mardi, 01 Novembre 2011 [Liste des articles]

Manifestation contre la christianophobie (Paris, samedi 29 octobre 2011).Manifestation contre la christianophobie (Paris, samedi 29 octobre 2011).Suite à la manifestation contre la christianophobie…

Communiqué du Centre Zahra France

Que la Paix soit sur vous tous ! Ce fut un honneur et un privilège d’être parmi vous contre la christianophobie.

Chères sœurs, chers frères, ensemble nous commençons une nouvelle ère d’amitié, de fraternité et de foi pour bâtir un nouveau monde. Ce monde que nous espérons tous être un monde rempli de justice, de respect, de dignité et de paix.

Aujourd’hui ensemble, chrétiens et musulmans, nous disons NON à notre division. Nous ne devons plus écouter les semeurs de cette division qui ne profite qu’aux ennemis de la foi. Ensemble, nous disons NON aux blasphèmes, NON à la christianophobie, NON aux caricatures, NON à la liberté d’expression qui insulte, diffame et porte atteinte à l’honneur du fils de l’Homme. Aujourd’hui, la plus grande valeur de ce que nous sommes est notre UNITÉ ; cette UNITÉ de tous les croyants est une force indestructible face aux ennemis de notre Humanité.

La seule alternative à ce monde corrompu : c’est cette unité et notre solidarité. Vous verrez que le démon qui est au service du désordre et de l’injustice s’appelle : SIONISME.

Les chevaleries chrétienne et musulmane unies libèreront notre pays. Notre témoignage avec vous, nous le proclamons haut et fort : nous sommes avec vous pour que le Messie et son Royaume soient établis sur cette terre de France, de Palestine et du monde.

Notre prière : « Avec vous, ô Messie, ô Mehdi, que nous attendons tous. Que la Paix soit avec nous tous ! Puisse Dieu nous donner la victoire ! ».

Cheikh Jamel Tahiri
Centre Zahra France

Suite à la manifestation contre la christianophobie… [Communiqué du Centre Zahra France]
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Manifestation contre la christianophobie (Paris, 29/10/11)

URL : www.partiantisioniste.com/articles/935
 
24
Oct
Colonel Alain Corvez : « La France ne doit pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie » Imprimer
Lundi, 24 Octobre 2011 [Liste des articles]

Alain Corvez, colonel français et ancien numéro 2 de la FINUL (Liban).Alain Corvez, colonel français et ancien numéro 2 de la FINUL (Liban).Colonel Alain Corvez : « La France ne doit pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie »

Lors d’une interview accordée à la télévision syrienne mardi 18 octobre, le colonel français Alain Corvez a déclaré que le complot tramé contre la Syrie vise son rôle clé dans la région. Selon lui, l'adoption de la politique américaine par le président français Nicolas Sarkozy porte préjudice à la renommée de la France censée ne pas s'ingérer dans les affaires des autres pays. Dans une interview accordée à la télévision syrienne, Corvez s'est interrogé sur les vrais motifs de Sarkozy à changer ses positions vis-à-vis de la Syrie. Il a souligné que l'intérêt de la France suppose le respect des droits des peuples et la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.

Soulignant la nécessité de distinguer les manifestants qui appellent à la réforme des groupes armés qui cherchent à s’emparer du pouvoir par la force, le colonel a accusé l’entité sioniste d’avoir participé aux événements en Syrie, ce qui confirme l’existence d’un complot extérieur visant la Syrie. Il a évoqué la situation stratégique de la Syrie, son héritage culturel et patrimonial qui font d'elle un pays incontournable dans la politique arabe et dans les solutions à plusieurs problèmes dans la région. 

Corvez a ajouté que dès son accession au pouvoir, le président Bachar al-Assad voulait mettre en place des réformes en faveur du développement de son pays, suivant les impératifs de l’époque moderne, mais les circonstances extérieures l’en avaient empêché : l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri puis la guerre opposant l’entité sioniste au Liban en 2006… Il a souligné qu'en dépit des événements qui agitent la Syrie depuis des mois, le président Bachar al-Assad a montré sa disposition à mener des réformes et a annoncé l'organisation d'élections prochainement.

Le colonel a précisé qu'il n'y aurait pas d'intervention militaire de l'OTAN contre la Syrie pour différentes raisons, entre autres parce que l'Occident n'avait pas les moyens d'ouvrir un nouveau front alors qu’il est impliqué en Libye et ne parvient pas à se sortir de l’impasse afghane. Il a ajouté que les sanctions économiques imposées à la Syrie visaient à étouffer les Syriens. Ces sanctions pourront être un obstacle mais n'empêcheront pas la Syrie de survivre.

Alain Corvez a terminé son interview en appelant les autorités françaises à considérer que ce qui se déroulait en Syrie n'était pas une révolution démocratique mais une tentative violente de certaines forces extrémistes d’imposer un nouveau régime en Syrie.
 
Il a invité la France à garder ses distances à l’égard des événements qui ont lieu en Syrie et dans la région, et à ne pas intervenir dans les affaires intérieures des peuples. Il espère visiter prochainement la Syrie qui « jouit d'une culture ancienne et accueille l'un des plus anciens peuples du monde antique », selon ses termes.

Ce mercredi 19 octobre, une marche millionnaire était organisée à Alep en soutien aux réformes du président Bachar al-Assad, une semaine après celle de Damas. Les manifestants ont renouvelé leur soutien au programme de réforme globale, mais surtout, ils ont insisté sur l'indépendance des décisions prises par la nation et leur rejet des ingérences étrangères dans les affaires syriennes, insistant sur l'unité nationale.

URL : www.partiantisioniste.com/articles/932
 
17
Oct
Le massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris : Appel à une reconnaissance officielle ! Imprimer
Lundi, 17 Octobre 2011 [Liste des articles]

Algérien abattu durant la nuit du 17 octobre 1961 à Paris. Les historiens évaluent les victimes du massacre à plus de trois cents…Algérien abattu durant la nuit du 17 octobre 1961 à Paris. Les historiens évaluent les victimes du massacre à plus de trois cents…Le massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris : Appel à une reconnaissance officielle !

Par Edwy Plenel, co-fondateur et président du site Mediapart. (*Vidéo en fin d'article)

La date du 17 octobre 1961 fait partie de notre histoire, et nous devons la regarder en face. C'est à Paris qu'une manifestation pacifique de travailleurs alors français – « Français musulmans d'Algérie » selon la dénomination officielle – venus protester avec leurs familles contre le couvre-feu raciste qui les visait, eux et eux seuls, fut sauvagement réprimée par la police de la capitale, sur ordre de son chef, le préfet Maurice Papon. Mediapart demande la reconnaissance officielle de ce massacre, dont les historiens évaluent les victimes à plus de trois cents.

Au lendemain de la tragédie du 17 octobre 1961, Kateb Yacine (1929-1989), immense poète algérien, s'adressait à nous tous, peuple français : Peuple français, tu as tout vuOui, tout vu de tes propres yeux.Tu as vu notre sang coulerTu as vu la policeAssommer les manifestants Et les jeter dans la Seine. La Seine rougissante N'a pas cessé les jours suivants De vomir à la face Du peuple de la Commune Ces corps martyrisés Qui rappelaient aux Parisiens Leurs propres révolutions Leur propre résistance. Peuple français, tu as tout vu, Oui, tout vu de tes propres yeux, Et maintenant vas-tu parler ? Et maintenant vas-tu te taire ?

Après un trop long silence, le temps est aujourd'hui venu de parler et de parler clair et franc. Non seulement d'entendre cet appel, comme le réclament depuis des décennies, historiens de métier et militants de la mémoire, mais d'être au rendez-vous de ce passé plein d'à présent. Le 17 octobre 1961 est une date française aussi bien qu'algérienne. Cette manifestation est, certes, un des jalons de la conquête de son indépendance, si chèrement payée, par le peuple algérien. Organisée par la Fédération de France du FLN, elle entendait consolider le rapport de force face à un pouvoir gaulliste qui, tout en engageant des pourparlers de paix, voulait affaiblir et diviser son interlocuteur indépendantiste. Mais, elle est aussi un moment essentiel de notre propre histoire nationale, de ces moments dont le souvenir fonde, pour l'avenir, une mémoire éveillée, empreinte de lucidité et de fraternité.

Le 17 octobre 1961 est d'abord une manifestation légitime contre une décision administrative sans précédent depuis le régime de Vichy : un couvre-feu raciste, fondé sur des critères ethniques. Le 5 octobre 1961, le préfet de police de la Seine, Maurice Papon (dont on découvrira plus tard le rôle dans la déportation des Juifs à la préfecture de Gironde), impose, au prétexte de la lutte contre les indépendantistes algériens assimilés à des « terroristes », un couvre-feu visant les « Français musulmans d'Algérie ». Ils doivent s'abstenir de circuler de 20h30 à 5h30 du matin, et les débits de boissons qu'ils tiennent ou qu'ils fréquentent doivent fermer chaque jour à 19 heures.

Le 17 octobre 1961 est aussi une manifestation du peuple travailleur de la région parisienne, d'ouvriers et d'employés accompagnés de leurs familles, venus souvent des bidonvilles, notamment celui de Nanterre, immense, où cette main-d'œuvre industrielle était en quelque sorte parquée. Ce soir-là, c'est une partie de la classe ouvrière française, dont les cohortes ont toujours été renouvelées par l'immigration, qui défilait pacifiquement sur les boulevards de la capitale, avec cette joie d'avoir su braver l'interdit, la honte et l'humiliation, avec surtout une grande dignité, celle de ceux qui n'ont d'autre richesse que leur travail, portée jusque dans l'habillement soigné des manifestants. D'ailleurs, le couvre-feu de Maurice Papon prévoyait une seule exception, celle des ouvriers travaillant en trois-huit, contraints d'embaucher en pleine nuit, qui devaient produire une attestation pour pouvoir circuler.

Le 17 octobre 1961 est enfin la plus terrible répression policière d'une manifestation pacifique dans l'histoire moderne de notre République. Les consignes des organisateurs étaient strictes, au point de se traduire par des fouilles préalables des manifestants : pas de violences, pas d'armes, pas même de simple canif. La violence qui s'est abattue sur les manifestants, parfois même avant qu'ils ne se constituent en cortèges, dès leur arrestation sur la base d'un tri ethnique à la sortie du métro, fut d'une férocité inimaginable. Il n'y eut pas seulement les dizaines de disparus – frappés à mort, jetés à la Seine, tués par balles – mais aussi 13.000 arrestations, et ces hommes parqués plusieurs jours durant, sans aucune assistance, dans l'enceinte du Palais des sports de la Porte de Versailles.

De cette violence inouïe, ce sont notamment des policiers qui en ont témoigné le plus immédiatement, dans un paradoxe qui n'est qu'apparent. L'Amicale des policiers résistants – nous n'étions que seize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale – rédigea un tract anonyme, sur la foi de témoignages de gardiens de la paix, qui fut publié dans France-Observateur, l'ancêtre du Nouvel Observateur, que dirigeaient alors Claude Bourdet et Gilles Martinet. Emaillé de faits précis – notamment sur « la bonne centaine » d'Algériens pris au piège sur le pont de Neuilly, « assommés et précipités systématiquement dans la Seine » ce texte défend l'honneur d'une police républicaine contre un « enchaînement monstrueux [qui] ne peut qu'accumuler les massacres et entretenir une situation de pogrom permanent ».

Dès l'immédiat lendemain du 17 octobre 1961, un appel circula à l'initiative de la revue Les Temps modernes qui recueillit les signatures de deux cent vingt-neuf intellectuels français, dont vingt-huit professeurs d'université. Il n'est pas inutile de relire aujourd'hui ce texte impeccable tant il fait honneur à cette France, la nôtre, qui sut dire non à l'injustice et à l'innommable, formidablement illustrée dans ces années-là par la revue de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, mais aussi par le Comité Audin et son journal Vérité et Liberté, animé par Pierre-Vidal Naquet, Jacques Panijel et Laurent Schwartz, ou encore par l'éditeur et libraire François Maspero, irremplaçable refuge et emblème de toutes les résistances d'alors. Le voici donc.

« Avec un courage et une dignité qui forcent l'admiration, les travailleurs algériens de la région parisienne viennent de manifester contre la répression de plus en plus féroce dont ils sont victimes et contre le régime discriminatoire que veut leur imposer le gouvernement. Un déchaînement de violence policière a répondu à leur démonstration pacifique : à nouveau, des Algériens sont morts parce qu'ils voulaient vivre libres. En restant passifs, les Français se feraient les complices des fureurs racistes dont Paris est désormais le théâtre et qui nous ramènent aux jours les plus noirs de l'occupation nazie : entre les Algériens entassés au Palais des sports en attendant d'être "refoulés" et les Juifs parqués à Drancy avant la déportation, nous refusons de faire la différence. Pour mettre un terme à ce scandale, les protestations morales ne suffisent pas. Les soussignés appellent instamment tous les partis, syndicats et organisations démocratiques non seulement à exiger l'abrogation immédiate de mesures indignes, mais à manifester leur solidarité aux travailleurs algériens en invitant leurs adhérents à s'opposer, sur place, au renouvellement de pareilles violences. »

Quelques mois plus tard, le 8 février 1962, cette violence s'abattait, au métro Charonne, sur une manifestation non violente pour la paix en Algérie. L'immense émotion soulevée par les neuf morts de Charonne a longtemps fait écran au souvenir des dizaines de victimes du 17 octobre 1961. Comme si les seconds faisaient partie de notre histoire française, tandis que les premiers étaient assignés à la seule cause algérienne. C'est évidemment cet oubli qu'il faut aujourd'hui réparer. Car dans cette occultation se joue notre relation à la question coloniale en général et, plus particulièrement, à la part algérienne de notre histoire et de notre propre peuple.

Tel est le sens de l'appel lancé par Mediapart avec l'association Au nom de la mémoire, pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961. Se saisir de cette date, ce n'est pas seulement demander justice pour les victimes, c'est aussi ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire commune de deux peuples, l'algérien et le français. Les cinquante ans de la tragédie du 17 octobre 1961 inaugurent en effet l'année du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, avec toutes ses étapes commémoratives, notamment celle du décès, le 6 décembre 1961, de Frantz Fanon, cet exceptionnel Martiniquais, ancien combattant de la France Libre ayant épousé la cause indépendantiste algérienne, et devenu, dans le monde entier, le chantre de la révolte des Damnés de la terre.

Notre pari, c'est que ce cinquantenaire soit l'occasion de renouer les fils d'une histoire commune entre la France et l'Algérie. « Ni repentance ni vengeance, écrivons-nous, mais justice de la vérité et réconciliation des peuples, c'est ainsi que nous construirons une nouvelle fraternité franco-algérienne. » Tournant le dos aux inutiles guerres des mémoires et aux fratricides concurrences des victimes, notre appel veut en finir avec l'instrumentalisation politique de ce passé meurtri par des pouvoirs, particulièrement l'actuelle présidence française, qui laissent indéfiniment suppurer les blessures afin de diviser, en convoquant des fantômes pour qu'ils bataillent à l'infini.

Dire la vérité sur le passé, c'est se reconnaître dans le présent et se découvrir pour le futur. Sur le 17 octobre 1961, malgré les nombreuses entraves mises à l'ouverture des archives, l'essentiel de la vérité est connu, établi par les historiens, illustré par des écrivains, raconté par des associations. Il faut ici citer, parmi bien d'autres, les noms de Didier Daeninckx, Jean-Luc Einaudi, Mehdi Lallaoui, Anne Tristan et Gilles Manceron. Mais ce qui manque toujours, à l'instar du discours prononcé par Jacques Chirac à Paris sur l'emplacement du Vél d'Hiv par rapport à la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs, c'est cette parole officielle qui apaise et libère, à la fois consolatrice et réconciliatrice. A juste titre, nombreux sont les historiens qui critiquent l'exploitation partisane et politicienne du passé, dont l'actuel pouvoir donna une illustration caricaturale en annexant le calvaire du jeune communiste Guy Môquet, fusillé par les nazis en 1941. Soucieuse d'éviter ce piège, notre démarche rassembleuse s'inspire de cet usage collectif du passé qu'ont gardé des sociétés restées plus proches de leurs savoirs traditionnels. Notre appel se réclame ainsi de ce qu'ont su inventer, avec Nelson Mandela et Desmond Tutu, les militants du combat contre l'apartheid en Afrique du Sud, au lendemain de la chute du régime raciste.

L'épilogue de la Constitution provisoire de l'Afrique du Sud de 1993 utilise un mot des langues bantoues, ubuntu, qui désigne « la qualité inhérente au fait d'être une personne avec d'autres personnes ». C'est, en d'autres termes, un appel à la relation, par-dessus les drames et les blessures, que ce premier texte constitutionnel traduisait ainsi : « L'adoption de cette Constitution pose la fondation solide sur laquelle le peuple d'Afrique du Sud transcendera les divisions et les luttes du passé qui ont engendré de graves violations des droits de l'homme, la transgression des principes d'humanité au cours de conflits violents, et un héritage de haine, de peur, de culpabilité et de vengeance. Nous pouvons maintenant y faire face, sur la base d'un besoin de compréhension et non de vengeance, d'un besoin de réparation et non de représailles, d'un besoin d'ubuntu et non de victimisation. »

L'ubuntu à la française auquel nous appelons solennellement concerne d'abord notre histoire algérienne, qui touche directement des millions de Français et leurs proches, parce qu'ils en viennent, parce qu'ils en sont issus, parce qu'ils y ont participé, parce qu'ils en ont été témoins ou acteurs, etc. Mais il concerne aussi, plus largement, notre rapport collectif au long passé d'empire colonial de la France, dont 1962 marque la fin bien que nos outre-mers d'aujourd'hui, des Antilles à la Nouvelle-Calédonie, en soulignent encore la persistance. Il nous revient de réinventer cette relation d'humanité mutuelle où se refonde durablement la politique des peuples, en lieu et place des intérêts à courte vue des gouvernants. « Il n'est pas interdit, écrivait en 2004 l'historien Maurice Olender en introduction à un numéro de sa revue Le genre humain autour de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine, de s'inspirer de cette forme d'humanité mutuelle qui fait que ce qui blesse l'un atteint l'autre, que ce qui panse l'un guérit l'autre, que ce qui autorise la mémoire et l'oubli des uns et des autres ouvre l'avenir à des projets politiques communs. » Tel est l'état d'esprit de cette nouvelle fraternité franco-algérienne à laquelle nous appelons, dans l'idée d'une pratique sensible de la politique, d'intuition de la relation et d'écoute de l'autre.

Nous irons donc manifester lundi soir 17 octobre 2011, à Paris, des grands boulevards au pont Saint-Michel dans l'espoir qu'advienne, au jour d'une alternance politique éminemment souhaitable, cette parole officielle de vérité et de réconciliation qui ouvrira une voie nouvelle pour nos deux peuples, français et algérien, inextricablement liés par l'histoire et par la géographie, au passé comme au présent. A la fin de son récent essai sur la triple occultation du massacre du 17 octobre 1961, l'historien Gilles Manceron rappelle qu'au soir du 8 février 1962, à la prison de la Santé, un Français emprisonné pour son soutien au FLN, entendit soudain un silence de plomb, alors que circulait la nouvelle des morts de Charonne. Puis, raconte-t-il, « d'un seul coup, on a entendu, avec l'accent algérien, monter la Marseillaise, le "Allons enfants de la patrie". Je vous assure qu'on était tous là à se tenir la main, et là une émotion… qui rejaillit encore aujourd'hui. C'était leur hommage aux morts de Charonne, qui étaient contre la guerre d'Algérie… et qui étaient aussi leurs morts ».

Comme ceux de Charonne le sont pour les Algériens, les morts du 17 octobre 1961 sont, eux aussi, les nôtres. Et ils nous espèrent encore, nous attendent et nous appellent, afin que nous soyons enfin fidèles à cette injonction que nous lançait le jeune Frantz Fanon, en 1952, dans une quête infinie de tout ce que l'humanité peut partager : « Que jamais l'instrument ne domine l'homme. Que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme. C'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme, où qu'il se trouve. » Oui, où qu'il se trouve…

Edwy Plenel - www.mediapart.fr

Le massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris : Appel à une reconnaissance officielle !
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*Massacres du 17 Octobre 1961 à Paris : les oubliés de l'histoire…

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Yahia Gouasmi  -  Président du Parti Anti Sioniste