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FÉV
Interview de Paul-Éric Blanrue : Iran et sionisme Imprimer
Mercredi, 17 Février 2010 [Liste des articles]

Interview de Paul-Éric Blanrue : Iran et sionisme
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Interview de l'écrivain Paul-Éric Blanrue par le Centre Zahra lors de la réception organisée par l'Ambassade d'Iran à l'occasion du 31ème anniversaire de la Révolution iranienne (Paris, le 11 Février 2010) :


Israël possède plusieurs têtes nucléaires sans qu'aucune sanction ne lui soit faite, alors qu'il existe un acharnement contre l'Iran concernant son programme nucléaire : que pensez-vous de ce deux poids deux mesures ?

Il existe un problème général avec le sionisme dans tous les pays, on vit ça en France également. A partir du moment où l'on a une critique à faire sur le régime sioniste on est censuré, on ne parle pas de vous dans les médias… Moi j'ai eu ce problème avec mon livre*. Dans un premier temps on a refusé de le diffuser, on m'a bâillonné  ou plutôt on a tenté de le faire mais on n'y est pas arrivé, la preuve je suis ici… Mais c'est un problème général, international, qui se pose en Amérique, en Allemagne… Il existe un terrorisme intellectuel qui nous empêche de poser les vrais questions qui sont : pourquoi Israël existe-t-il ?  où va-t-il ?  où nous entraîne-t-il ?  Et le livre que j'ai écrit tente de tirer une sonnette d'alarme parce que nous avons un Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui nous met à la remorque d'Israël, qui nous entraîne peut-être dans une prochaine guerre. Et moi je suis un pacifiste intégral, de même qu'un républicain anticommunautariste, et j'aimerais que le France suive la voie qu'elle a tracée depuis le Révolution française, la voie des Lumières, la voie de la paix, du développement, du progrès, des Droits de l'Homme… Et j'estime que le sionisme, en tout cas pour le moment, tant qu'il ne s'est pas réformé, qu'il n'a pas évolué lui-même, est une entorse grave à ces principes fondamentaux.


Pensez vous qu'en France, en Occident, ou ailleurs, les gens sont de plus en plus sensibles au problème du sionisme et en parlent plus facilement ?

On commence à en parler plus facilement… les gens ont encore peur. Il y a quand-même encore une police de la pensée qui règne. N'oublions pas qu'en France il existe une loi qui terrorise tout le monde, bien qu'on n'en parle jamais. C'est la loi Gayssot, qui interdit un certain nombre de recherches en Histoire, et qui est devenue la matrice de toutes les lois mémorielles qu'on a connues par la suite (loi Taubira, loi sur l'esclavage…). Il existe des loi comme ça qui nous empêchent de réfléchir scientifiquement sur l'Histoire. Alors avec ces lois s'est développé tout un système d'éducation qui fait que dès le primaire on nous dit qu'il est tout à fait normal que Israël existe puisque ceux-sont les descendants des Hébreux qui sont là-bas. Quand on n'a pas peur de regarder l'Histoire d'un peu plus près, comme l'a fait Shlomo Sand par exemple, on s'aperçoit que les véritables descendants des tribus "hébraïques" sont les Palestiniens d'aujourd'hui, et qu'en réalité les Ashkénazes qui sont arrivés par la suite sont des descendants d'européens. Donc le sionisme participe d'un colonialisme européen… Tout ça on n'a pas le droit de le dire, ça participe d'une espèce de terrorisme de la pensée, de police de la pensée, et moi je pense qu'il faut faire exploser tout ça. Vues les ventes de mon livre, je pense que c'est en bonne voie. En France au départ les diffuseurs et les éditeurs ont eu peur, et là je suis diffusé partout et ça se vend très bien. J'ai beaucoup de bons retours, malgré évidemment toujours des campagnes de calomnie, mais ça c'est normal, ça me fait de la publicité, et c'est très bien.


L'Iran fête le 31ème anniversaire de sa Révolution Islamique : que pensez-vous de cette résistance iranienne face à l'embargo et aux pressions internationales ?

Ce que je soutiens dans cette date anniversaire, c'est un principe qui me paraît vraiment fondamental : l'indépendance nationale, la souveraineté. Il faut que toutes les nations se rendent compte que nous sommes face à un impérialisme qui broie les Cultures, qui veut les anéantir, qui veut les remplacer par de pseudos "Droits de l'Homme" qui n'existent pas dans leur esprit, c'est simplement une théorie, un brouillard, une façade avec laquelle ils veulent instaurer une sorte de supermarché mondial. Et bien il faut résister à cela, et je crois que l'Iran le fait très bien…

 

* Sarkozy, Israël et les Juifs - Éd. Oser dire

URL : www.partiantisioniste.com/articles/352
 
15
FÉV
Avraham Burg, ex-président de la Knesset : « Nous sommes déjà morts » Imprimer
Lundi, 15 Février 2010 [Liste des articles]

Avraham Burg, ancien président du parlement israélien : « Nous sommes déjà morts » Avraham Burg, ancien président du parlement israélien : « Nous sommes déjà morts »

Avraham Burg, ancien président du parlement israélien : « Nous sommes déjà morts »

"Avoir défini l’Etat d’Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. Un Etat juif, c’est explosif, c’est de la dynamite." Ces propos sont ceux de l’ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l’agence juive, Avraham Burg.

M. Burg n’a jamais mâché ses mots, mais, dans un entretien publié vendredi 8 juin dans le quotidien Haaretz, ce politicien reconverti dans les affaires va jusqu’à qualifier Israël, pays qu’il a quitté pour vivre en France, de "ghetto sioniste". Il considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Herzl, estimant qu’après la création d’Israël, le sionisme aurait dû être aboli. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense d’un Etat juif démocratique, il indique : "C’est confortable, c’est sympa, c’est de la guimauve, c’est rétro. Cela donne un sentiment de plénitude, mais c’est de la nitroglycérine."

Auteur d’un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste "La Paix maintenant "envisage de remettre en cause la loi du retour qui permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est "le miroir de l’image d’Hitler" et "je ne veux pas qu’Hitler définisse mon identité".
Ce militant du dialogue avec les Palestiniens qualifie la société israélienne de "paranoïaque", pense que "la clôture de séparation procède de cette paranoïa" et s’insurge contre "la xénophobie". Il constate que "de nombreuses lignes rouges ont été franchies au cours des dernières années". Il y a, selon lui, "de bonnes chances que la prochaine Knesset interdise les relations sexuelles avec les Arabes. Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore. Tout cela ne marche plus".

M. Burg compare l’état de la société israélienne à l’encontre des Arabes à celui de l’Allemagne lors de la montée du nazisme, mettant en avant "le caractère central du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans la société. Le nombre d’Israéliens armés dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent publiquement "les Arabes dehors !".

Se définissant comme un citoyen du monde, il qualifie l’occupation de la Cisjordanie "d’Anschluss" et prédit "une explosion sans fin". Et de conclure : "La réalité israélienne n’est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l’admettre. Nous sommes au pied du mur. Demandez à vos amis s’ils sont sûrs que leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement dit, l’élite israélienne est déjà partie, et sans élite, il n’y a pas de nation."


Le Monde, édition du 10/06/07.

URL : www.partiantisioniste.com/articles/348
 
28
Jan
Lettre à l’Episcopat polonais Imprimer
Jeudi, 28 Janvier 2010 [Liste des articles]

Judaïsme contre Sionisme : L'antisionisme n'est pas l'antisémitisme Judaïsme contre Sionisme : L'antisionisme n'est pas l'antisémitisme
Lettre à l’Episcopat polonais

Par David Goldman, Brorklyn, New-York.

Messieurs,

J’ai lu à l’Internet les propos de l’évêque Pieronek concernant l’Etat d’« Israël » et l’ « Holocauste », et en tant que Juif orthodoxe opposé au Sionisme et au comportement des Sionistes, je tiens à exprimer par la présente qu’il y a des Juifs qui s’opposent à la Barbarie qu’est l’Etat sioniste et qui s’opposent à la manipulation par les Sionistes des évènements de la Deuxième Guerre Mondiale (ce que les Sionistes appellent l’« Holocauste ») pour se permettre de terroriser et oppresser les indigènes de Palestine.

L’évêque Pieronek a fait des déclarations très importantes et judicieuses concernant le contrôle par des « Juifs » sionistes des medias, de l’enseignement et de la politique au profit de l’Etat voyou qui se nomme « Israël ». Je suis sûr que les Sionistes chercheront à le persécuter à cause qu’il a dévoilé leur agenda et leur comportement, qui sont en vérité en contradiction totale avec la Thora, avec la religion Juive.

Les Sionistes sont pareils aux incendiaires qui allument un feu et puis crient à l’« antisémitisme » dès qu’ils sont attrapés pour avoir mis le feu, partout dans le monde, et particulièrement en Terre Sainte.
 

Respectueusement,
David Goldman
Brooklyn, NY


Source : témoignage transmis par notre partenaire YECHOUROUN - Judaïsme contre Sionisme

URL : www.partiantisioniste.com/articles/342
 
08
Jan
Charte du Réseau International Juif Anti-Sioniste Imprimer
Vendredi, 08 Janvier 2010 [Liste des articles]

Charte du Réseau International Juif Anti-SionisteCharte du Réseau International Juif Anti-Sioniste

(Source : http://www.ijsn.net/atranslation/234)

 

Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s'engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l'émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d'apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique.

Qu'ils soient de Pologne ou d'Iraq, d'Argentine ou d'Afrique du Sud, de Brooklyn ou du Mississipi, des Juifs en quête de justice et d'un monde plus juste se sont joints aux mouvements de lutte collective.  Ainsi, des Juifs ont participé de façon notable à la lutte ouvrière pendant la période de la Grande dépression, à la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis, à la lutte contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud, à la lutte contre le fascisme en Europe, et à bien d'autres mouvements encore en faveur du changement social et politique

Le nettoyage ethnique historique et toujours en cours perpétré par Israël à l'encontre du peuple palestinien sur sa propre terre vient contredire et trahir cette longue histoire de la participation  juive à des mouvements collectifs de libération.

Le sionisme - idéologie fondatrice de l'Etat d'Israël et qui en est le soutien actuel, est issu du colonialisme européen et s'est diffusé à la suite du génocide nazi. Le sionisme s'est nourri des épisodes les plus violents et oppressifs de l'histoire du dix neuvième siècle, marginalisant ainsi l'engagement de nombreux Juifs dans les mouvements de libération. Pour  retrouver une place au sein des vibrants mouvements populaires actuels, il faut mettre fin au sionisme sous toutes ses formes

C'est la priorité des priorités, en raison des conséquences du sionisme sur les Palestiniens et les peuples de l'ensemble de la région; en raison aussi du fait que le sionisme porte préjudice à la mémoire de la persécution et du génocide des Juifs d'Europe en l'exploitant pour justifier et perpétuer le racisme européen et le colonialisme. Le sionisme est, par ailleurs, responsable du déplacement massif des Juifs mizrahi (originaires d'Afrique et d'Asie), et du détournement de leurs Histoires, langages, traditions et cultures. L'histoire des Juifs mizrahi remonte  à plus de 2000 ans et le sionisme, en s'implantant, en a dévié le cours au profit d'une ségrégation parmi les Juifs imposée par l'État d'Israël.
En conséquence, le sionisme nous implique dans l'oppression du peuple palestinien et porte préjudice à notre propre héritage, à nos luttes pour la justice et à nos alliances avec nos semblables.


Nous nous engageons à : Nous opposer au sionisme et à l'État d'Israël
.

Le sionisme est raciste. Il exige l'allégeance à un ordre politique, juridique et économique qui privilégie et valorise les Juifs ainsi que les Européens et leurs cultures par rapport aux peuples autochtones et à leurs cultures. Le sionisme n'est pas seulement raciste, il est aussi antisémite. Il reprend à son compte l'imagerie européenne et antisémite du "Juif de la diaspora" efféminé, cupide et faible, et y  lui oppose celle d'un "Nouveau Juif", violent, militariste et sexiste, un Juif qui est l'auteur d'une violence raciale plutôt que d'en être une victime.

Par-là, le sionisme fait des Juifs des blancs, en adoptant un racisme de blancs à l'encontre du peuple palestinien. Malgré la nécessité pour Israël d'intégrer les Mizrahi afin de maintenir une majorité juive, ce racisme peut aussi être constaté dans la marginalisation et l'exploitation économique des masses déshéritées des Mizrahi. Cette violence raciale  inclut l'exploitation des travailleurs migrants

Les sionistes diffusent le mythe de la démocratie israélienne. En réalité, Israël a établi et renforcé des politiques et des pratiques qui sont discriminatoires à l'égard des Juifs mizrahi et qui excluent les Palestiniens et restreignent leurs droits. Israël, en coopération avec les États-Unis, sape tout mouvement arabe de libération.

Le sionisme perpétue l'exception juive. Pour justifier ses crimes, le sionisme présente une version de l'histoire juive déconnectée de l'histoire et de l'expérience d'autres peuples. Il promeut un narratif selon lequel l'holocauste nazi est exceptionnel dans l'histoire de l'humanité. Il place les Juifs à part, par rapport aux victimes et aux survivants d'autres génocides, au lieu de nous unir à eux.

Israël fait cause commune avec des Chrétiens fondamentalistes et d'autres qui appellent à la destruction  des Juifs, sur la base d'une islamophobie partagée et d'une volonté de contrôler le Moyen Orient et plus largement l'Asie occidentale. Ensemble, ils appellent à la persécution des Musulmans. Cette promotion commune de l'islamophobie a pour but de diaboliser la résistance opposée à la domination économique et militaire occidentale. Elle s'inscrit dans une longue histoire de collusion du sionisme avec des régimes répressifs et violents, de l'Allemagne nazie au régime d'apartheid d'Afrique du Sud jusqu'aux dictatures réactionnaires d'Amérique du Sud.

Le sionisme prétend que la sécurité des Juifs repose sur un état juif militarisé. Mais Israël ne met pas les Juifs en sécurité. Sa violence garantit l'instabilité et la peur pour ceux qui sont sous sa sphère d'influence, et met en danger la sécurité de tous, y compris des Juifs, et ce bien au-delà de ses frontières. Le sionisme a volontairement participé à créer les conditions qui ont conduit à la violence à l'encontre des Juifs dans les pays arabes. L'hostilité née de la violence israélienne et de la domination militaire sur les Juifs vivant en Israël et ailleurs est utilisée pour justifier encore plus de violence sioniste.


Nous nous engageons à : Rejeter l'héritage colonial et l'expansion colonialiste en cours.

Dès l'instant où le mouvement sioniste a décidé de bâtir un état juif en Palestine, il est devenu un mouvement de conquête.  A l'instar de tous les mouvements de conquête et des idéologies colonialistes en Amérique ou en Afrique, le sionisme s'appuie sur la ségrégation entre les peuples ; par la confiscation de la terre, il s'engage dans le nettoyage ethnique qui repose sur une violence militaire implacable.

Les sionistes ont travaillé main dans la main avec l'administration coloniale britannique, contre le peuple indigène de la région et contre son espoir légitime de liberté et d'autodétermination. L'imaginaire sioniste d'une Palestine "vide" et pauvre a justifié la destruction de la vie palestinienne à l'instar du racisme qui a justifié l'extermination des peuples autochtones d'Amérique, la traite atlantique des esclaves et bien d'autres atrocités encore.

Avec l'expansion permanente des colonies et le Mur d'apartheid, l'engagement colonialiste d'Israël l'a amené à détruire l'environnement ainsi que les paysages de la Palestine. Cette politique, qui n'a pas réussi à stopper la résistance palestinienne, conduit l'Etat d'Israël à toujours plus de violence et à des politiques qui, lorsqu'elles sont menées à leur point ultime, finissent en génocide. A Gaza, l'État d'Israël dénie l'accès à la nourriture, à l'eau, à l'électricité, à l'aide humanitaire et aux fournitures médicales, c'est l'arme qu'il utilise contre les fondements même de toute vie humaine.

Israël, qui a été en son temps l'outil favori des Britanniques et des Français contre l'unité arabe et l'indépendance, est devenu le plus jeune associé de l'alliance US pour le contrôle militaire, économique et politique au niveau mondial, qui vise plus particulièrement la domination de la région stratégique du Moyen Orient/Asie du Sud-ouest. Le danger d'une guerre nucléaire représenté par une attaque israélo-américaine sur l'Iran nous rappelle qu'Israël est une bombe atomique qui devrait faire l'objet d'un démantèlement urgent, en vue de sauver les vies de toutes ses victimes actuelles et potentielles.

URL : www.partiantisioniste.com/articles/335
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05
Nov
Eyal Sivan boycotte le Forum des Images Imprimer
Jeudi, 05 Novembre 2009 [Liste des articles]

Eyal Sivan boycotte le Forum des ImagesLettre d'Eyal Sivan au Forum des Images

Londres, le 6 octobre 2009.


Chère Laurence Briot et Chantal Gabriel,

 

Je vous écris suite à la demande que vous avez adressé à mes producteurs, Mme Trabelsi et M. Eskenazi, de programmer mon dernier film "Jaffa, La mécanique de l’orange" dans la rétrospective 'Tel-Aviv, le Paradoxe' que vous organisez le mois prochain au Forum des Images, dans le cadre de la célébration du centenaire de la ville de Tel-Aviv.


Je tiens d’abord à vous remercier pour votre offre de participer à cet événement et je vous demande d'excuser mon retard à répondre à vos chaleureuses sollicitations. Je suis sincèrement honoré que vous ayez envisagé de programmer mon film "Jaffa, La mécanique de l’orange" pour clôturer votre rétrospective. Toutefois, après mûre réflexion, j'ai décidé de décliner votre invitation. Les raisons de cette décision sont complexes et de nature politique, c'est pourquoi je voudrais, si vous le voulez bien, vous les expliquer dans le détail.


Comme vous le savez probablement, l'ensemble de mon travail cinématographique, qui compte plus de quinze films, a principalement pour objets la société israélienne et le conflit israélo-palestinien. En m’opposant à la politique israélienne à l'égard du peuple palestinien, je me suis toujours efforcé d’agir indépendamment pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur le fait que je ne représente pas la "démocratie (juive) israélienne ". C'est pourquoi, depuis le tout début de ma carrière cinématographique, il y a plus de 20 ans, je n'ai jamais bénéficié d'aucune aide ou d’aucun support d'une quelconque institution officielle israélienne.


J’ai toujours agi de manière à éviter que mon travail puisse être instrumentalisé et revendiqué comme une preuve de l'attitude libérale d'Israël ; une liberté d'expression et une tolérance qui ne sont accordées par l’autorité israélienne qu'à l’égard, bien sûr, des critiques juives israéliennes.


La politique raciste et fasciste du gouvernement israélien et le silence complice de la plupart de ses milieux culturels pendant le récent carnage opéré à Gaza comme face à l'occupation continue et aux violations des droits humains et aux multiples discriminations à l'égard des Palestiniens sous occupation, ou ceux, citoyens palestiniens de l'Etat israélien – toutes ces raisons justifient que je maintienne une distance vis-à-vis de tout événement qui pourrait être interprété comme une célébration de la réussite culturelle en Israël ou un cautionnement de la normalité du mode de vie israélien. Puisque votre rétrospective fait partie de la campagne internationale de célébration du centenaire de Tel-Aviv et qu'elle bénéficie, à ce titre, du soutien du gouvernement israélien, je ne peux que décliner votre invitation.


Par ailleurs, considérant les attaques blessantes, humiliantes et continues dont mon travail fait l'objet, tant en France qu'en Israël, et les très rares confrères israéliens qui se sont exprimés pour me défendre et manifester leur solidarité sincère (je ne tiens pas compte des déclarations de principe en faveur du privilège hégémonique de la "liberté d'expression"), il ne m'est pas possible de me sentir solidaire d'un tel groupe.


Je ne peux être associé à une rétrospective qui célèbre des artistes et cinéastes jouissant d'une position de privilège absolu et d'une totale immunité, mais qui ont choisi de se taire quand des crimes de guerre étaient commis au Liban ou à Gaza et qui continuent d'éviter de s’exprimer clairement au sujet de la brutale répression des populations palestiniennes, du blocus de trois ans et de l'enfermement de plus d'un million de personnes dans la Bande de Gaza.

URL : www.partiantisioniste.com/articles/297
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Yahia Gouasmi  -  Président du Parti Anti Sioniste