Partout aux États-Unis, un véritable mouvement populaire pousse les Américains à se lever et protester.Manifestations anti-Wall Street : Réactions aux États-Unis et en Iran
*Vidéo en fin d'article.
Des manifestations se multiplient, à travers les Etats-Unis, pour dénoncer la cupidité des milieux d'affaires et de la finance, jugée responsable de la crise économique. Tout avait commencé, le 17 septembre, avec l’occupation du square Zuccotti dans le quartier de Wall Street, dans le sud de Manhattan, pour dénoncer un système qui fait, selon eux, la part trop belle aux 1% les plus riches, au détriment des 99% restant. Ils se réjouissent d'avoir ouvert une discussion nationale sur le malaise ambiant aux Etats-Unis, où le chômage frappe 9,1% de la population et où la classe moyenne s'est appauvrie, ces dernières années.
Mardi 11 octobre, des centaines de manifestants anti Wall Street ont participé à une marche des millionnaires et ont fait étape, notamment devant le domicile new-yorkais du magnat de la presse, Rupert Murdoch, aux cris de : « Nous sommes les 99%. Taxez les riches, nous voulons ce qui nous revient », pouvait-on lire sur les pancartes. Ensuite, les manifestants ont cheminé jusqu'au domicile de David Koch, un richissime industriel, avant de terminer devant un immeuble majestueux de Park avenue, dans l'Upper East side, qui abrite la résidence du patron de la banque JP Morgan Chase, Jamie Dimon. Les manifestants portaient un énorme chèque libellé aux 1% de la société américaine, d'un montant de 5 milliards de dollars, correspondant selon eux, à ce que gagneront les plus riches lors de la suppression, en décembre, d'un impôt de l'Etat de New York pour les plus fortunés.
« Je n'ai jamais vu ça dans le quartier d'Upper East side », commentait Sally Ardrey, une élégante retraitée. J'aimerais bien discuter avec eux, savoir pourquoi ils n'ont pas de travail, ont-ils vraiment essayé ? Il y a de la frustration, je comprends le sentiment général, ajoute-t-elle. Moi aussi mes revenus ont diminué, ma retraite était à la Bourse et j'ai beaucoup perdu… Obama aurait dû s'occuper de l'emploi avant de s'occuper de la réforme du système de santé, ajoute cette démocrate convaincue.
A New York, le réalisateur Michael Moore était au milieu de la foule. « Partout où vous allez dans ce pays, vous voyez le mouvement Occupons Wall Street. Lors des premiers jours, les gens critiquaient (le mouvement), disant que ce n'était qu'une bande de hippies. Mais l'Américain moyen qui a perdu sa protection médicale, qui est sur le point de perdre son boulot et dont la maison est en forclusion, peut être tenté de joindre le mouvement », a expliqué le réalisateur.
Sarah, une secrétaire qui refuse de donner son nom, a pris deux jours de congé pour être là et a passé une nuit par solidarité au square Zuccotti, où campent depuis trois semaines les indignés d' « Occupons Wall Street ». « J'ai 34 ans, dit-elle. Je travaille et je n'ai rien, pas d'économies, pas de maison. Et pourtant, j'ai fait des études. Pour notre génération, plus rien ne semble possible », ajoute-t-elle en dénonçant les profits des grandes entreprises et en montrant sa modeste pancarte : « Quelque chose ne va pas ». Elle se dit déçue par le président Obama, qui « a fait trop de compromis ». Il faut qu'il « reconnaisse ce qui se passe ici », ajoute-t-elle. Le soutien des syndicats la ravit : « Je suis reconnaissante, ils renforcent le mouvement ».
Les contestataires protestent notamment contre le plan de sauvetage dont a bénéficié Wall Street en 2008, qui a permis aux banques américaines d'enregistrer des profits considérables, alors que l’Américain moyen affrontait le chômage, recevant peu de soutiens de Washington.
Ces manifestants ont fait des émules dans plusieurs autres villes des Etats-Unis dont la capitale fédérale Washington où des manifestants ont été arrêtés mardi pour avoir chanté des slogans dans un des bâtiments du sénat américain. A Boston, plus d'une centaine de personnes ont également été interpellées mardi par la police, pour avoir refusé de quitter un espace public où elles avaient installé des dizaines de tentes. Sur son site internet, le mouvement « Occupons Boston » a affirmé que des centaines de policiers en tenue antiémeute avaient brutalement attaqué les manifestants. A New York, environ 700 personnes ont été arrêtées le 1er octobre, pour avoir bloqué la circulation sur le pont de Brooklyn au cours d'une manifestation.
Le Guide de la révolution islamique iranienne l'Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que l'administration américaine avait ignoré pendant trois semaines les mouvements de protestation contre Wall Street, soulignant que les protestations aux Etats-Unis et en Europe se poursuivraient jusqu'à la chute du système capitaliste. Il a estimé que « la corruption du capitalisme est désormais évidente aux yeux de tous. En dépit des efforts des dirigeants occidentaux pour minimiser ces mouvements, ils ne peuvent pas en arracher les racines. Le système capitaliste n'est pas seulement impitoyable envers les autres peuples, y compris irakien et afghan, mais il l’est aussi envers les siens. Ces 1% offrent de l’argent et leur soutien à l’entité sioniste alors que les peuples occidentaux n'ont aucune motivation à la soutenir ! »
Le Guide de la révolution iranienne Ali Khamenei ajoute que « parmi les grands journaux américains, un seul a parlé des événements de Wall Street alors que si des protestations semblables avaient éclaté dans une autre région du monde, tous les médias se seraient rués vers les lieux pour les couvrir ». Il a ajouté que « le système capitaliste agonise, pour preuve les répressions barbares qui ont eu lieu en Grande-Bretagne contre les manifestants ; les révolutions qui se sont produites en Tunisie et en Egypte prouvent l'échec des politiques des arrogants, au point de provoquer les peuples et les pousser à se soulever contre leurs tortionnaires. En Libye, Kadhafi était un révolutionnaire, mais en apparence seulement. Lui comme beaucoup de ses semblables travaillent, au fond, à la solde des Etats-Unis. Mais après les révolutions, la situation a changé, le peuple a repris son destin en main. Personne ne peut plus s’opposer à la volonté des peuples ».
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