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Ingérence étrangère : Après la Syrie, la Russie…

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Lundi, 12 Décembre 2011 [Section :  Actualités antisionistes]

Dimitri Medvedev (Président russe) et Vladimir Poutine (Premier ministre russe).Dimitri Medvedev (Président russe) et Vladimir Poutine (Premier ministre russe).Ingérence étrangère : Après la Syrie, la Russie…

Suite aux élections législatives qui se sont déroulées en Russie le 4 décembre et qui donnent la victoire au parti au pouvoir, « Russie unie », 25 000 manifestants selon la police et 40 000 selon les organisateurs, ont envahi la place Bolotnaïa à Moscou, samedi 10 décembre, pour dénoncer des fraudes présumées. Les manifestants réclamaient l'annulation des résultats du scrutin, la démission du président de la Commission électorale centrale (CEC) Vladimir Tchourov et l'organisation de nouvelles élections.

Dimanche, les dirigeants russes Medvedev et Poutine ont fait une distinction nette entre activité protestataire acceptable (manifestations autorisées et organisées par les organisations russes) et activité protestataire inacceptable (manifestations illégales organisées par des ONG probablement financées par l’étranger). Alors que le président Dmitri Medvedev s’est entretenu avec des journalistes en République tchèque, le premier ministre Vladimir Poutine s’est exprimé devant le conseil de coordination du Front populaire panrusse qu’il avait, lui-même, réuni vendredi 9 décembre, en tant que principale locomotive de sa campagne électorale pour la présidentielle de mars 2012.

En s’éloignant de Russie Unie au profit du soutien des partisans sans étiquette issus de la masse populaire, Poutine montre qu’il est soutenu par la Russie populaire à la conscience non voilée par l’influence occidentale. Poutine a pu s’exprimer devant eux au sujet de l’étranger, librement. D’abord, il a accusé la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton de provoquer les manifestations en donnant par anticipation une évaluation négative des élections. Ensuite, il a déclaré que les manifestations étaient organisées selon des objectifs égoïstes et un scénario précis, impliquant une violation de la loi. Pour terminer, Poutine a accusé l’Occident de « mettre en place des organisations internes qui sont, soi-disant, nationales mais qui, en réalité, sont financées par l’étranger et dansent au son de la musique d’un Etat étranger ».

Dmitri Medvedev a exprimé son désaccord avec les slogans prononcés pendant la manifestation mais a ordonné de vérifier tous les cas de violation lors du scrutin du 4 décembre. A Prague, le président a d’abord fait remarquer que les manifestations étaient une « manifestation de la démocratie ». Ensuite, il a poursuivi en rappelant que « Toutes les manifestations doivent être organisées en respectant à la lettre la législation russe. S’il existe des paramètres précis pour organiser une manifestation, nos citoyens doivent les respecter ». La veille cependant, devant le président de la Commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, le président Medvedev a tenu des propos aussi fermes que Poutine et a fait allusion à la critique étrangère du système des partis : « ils n'ont pas à s'ingérer dans le système politique russe ».

La stabilité politique en Russie est une priorité pour le gouvernement russe, et il n’est pas disposé à l’échanger même contre les meilleures relations du monde avec l’Occident. C’est la raison pour laquelle toute tentative des dirigeants occidentaux de soutenir le pluralisme en Russie provoque systématiquement une réaction agacée de Moscou, même en dépit de l'excellence des relations personnelles entre les leaders. « Le maintien du pouvoir politique en Russie est la priorité pour Poutine et Medvedev. L’élite russe est prête à s’intégrer à l’élite occidentale, mais à condition que cette intégration ne mette pas en danger le pouvoir de l’élite russe en Russie », estime le politologue Stanislav Belkovski.

On se demande alors quel est le poids réel des propos tenus par Hillary Clinton à Bruxelles sur les élections législatives russes « non libres et injustes » ? Après tout, la secrétaire d’Etat n’a rien dit de nouveau ; dans les classements américains, la Russie est depuis longtemps considérée comme « partiellement libre », voire  « non libre ».

Emmanuel Wallerstein, philosophe américain, fait remarquer que l’Occident pratique une certain type de « racisme moderne » à l’égard de la Russie –la soi-disant supériorité de l’Occident n’est pas annoncée comme raciale ou culturelle, mais comme « axiologique »–. En disant que l’accès au monde civilisé est fermé à la Russie avec les valeurs qui y prévalent.

Le Journal officiel russe a publié, samedi 10 décembre, les résultats officiels des élections, confirmant la victoire du parti au pouvoir Russie unie avec 49,32 % des voix et une majorité absolue de 238 mandats sur 450 à la Douma (chambre basse).

URL : www.partiantisioniste.com/articles/956
 
 
 

Yahia Gouasmi  -  Président du Parti Anti Sioniste