Alain Corvez, colonel français et ancien numéro 2 de la FINUL (Liban).Colonel Alain Corvez : « La France ne doit pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie »
Lors d’une interview accordée à la télévision syrienne mardi 18 octobre, le colonel français Alain Corvez a déclaré que le complot tramé contre la Syrie vise son rôle clé dans la région. Selon lui, l'adoption de la politique américaine par le président français Nicolas Sarkozy porte préjudice à la renommée de la France censée ne pas s'ingérer dans les affaires des autres pays. Dans une interview accordée à la télévision syrienne, Corvez s'est interrogé sur les vrais motifs de Sarkozy à changer ses positions vis-à-vis de la Syrie. Il a souligné que l'intérêt de la France suppose le respect des droits des peuples et la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.
Soulignant la nécessité de distinguer les manifestants qui appellent à la réforme des groupes armés qui cherchent à s’emparer du pouvoir par la force, le colonel a accusé l’entité sioniste d’avoir participé aux événements en Syrie, ce qui confirme l’existence d’un complot extérieur visant la Syrie. Il a évoqué la situation stratégique de la Syrie, son héritage culturel et patrimonial qui font d'elle un pays incontournable dans la politique arabe et dans les solutions à plusieurs problèmes dans la région.
Corvez a ajouté que dès son accession au pouvoir, le président Bachar al-Assad voulait mettre en place des réformes en faveur du développement de son pays, suivant les impératifs de l’époque moderne, mais les circonstances extérieures l’en avaient empêché : l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri puis la guerre opposant l’entité sioniste au Liban en 2006… Il a souligné qu'en dépit des événements qui agitent la Syrie depuis des mois, le président Bachar al-Assad a montré sa disposition à mener des réformes et a annoncé l'organisation d'élections prochainement.
Le colonel a précisé qu'il n'y aurait pas d'intervention militaire de l'OTAN contre la Syrie pour différentes raisons, entre autres parce que l'Occident n'avait pas les moyens d'ouvrir un nouveau front alors qu’il est impliqué en Libye et ne parvient pas à se sortir de l’impasse afghane. Il a ajouté que les sanctions économiques imposées à la Syrie visaient à étouffer les Syriens. Ces sanctions pourront être un obstacle mais n'empêcheront pas la Syrie de survivre.
Alain Corvez a terminé son interview en appelant les autorités françaises à considérer que ce qui se déroulait en Syrie n'était pas une révolution démocratique mais une tentative violente de certaines forces extrémistes d’imposer un nouveau régime en Syrie.
Il a invité la France à garder ses distances à l’égard des événements qui ont lieu en Syrie et dans la région, et à ne pas intervenir dans les affaires intérieures des peuples. Il espère visiter prochainement la Syrie qui « jouit d'une culture ancienne et accueille l'un des plus anciens peuples du monde antique », selon ses termes.
Ce mercredi 19 octobre, une marche millionnaire était organisée à Alep en soutien aux réformes du président Bachar al-Assad, une semaine après celle de Damas. Les manifestants ont renouvelé leur soutien au programme de réforme globale, mais surtout, ils ont insisté sur l'indépendance des décisions prises par la nation et leur rejet des ingérences étrangères dans les affaires syriennes, insistant sur l'unité nationale.
Commentaires : ( )